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Guerre otano-russe en Ukraine : Washington lâche Kiev au profit de Bruxelles…

by Perspectives Med
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Guerre otano-russe en Ukraine : Washington lâche Kiev au profit de Bruxelles…

Vladimir Poutine a affirmé que la République populaire de Lougansk restait entièrement sous contrôle russe. Il a ajouté qu’un peu plus de 10 % du territoire de la République populaire de Donetsk et 16,5 % de la région de Zaporojié demeuraient aux mains des forces ukrainiennes. Il a souligné que la prise de contrôle de l’ensemble de cette république restait l’un des principaux objectifs de l’opération militaire spéciale.

Le maitre du Kremlin a mis en avant l’avancée des forces russes sur tous les axes. « L’offensive des unités et formations des forces armées se poursuit sur toute la ligne de front, et le rythme de progression s’est considérablement accéléré », a-t-il déclaré. Selon son bilan, les forces russes ont pris le contrôle d’environ 6 500 km² et de 310 localités depuis le début de l’année.

Le chef d’état-major général a indiqué que, depuis le 1er septembre, 92 localités et plus de 1 800 km² étaient passés sous contrôle russe. Opérations dans le Donbass et à Zaporojié Dans ce rapport, Valéri Guérassimov a présenté les résultats des différentes unités russes. Il a notamment annoncé que le groupement « Centre » avait pris Dobropolié, une ville qu’il a décrite comme l’un des principaux points de défense ukrainiens sur l’axe de Dniepropetrovsk. V. Poutine a qualifié cette prise d’événement important, estimant qu’elle ouvrait une voie directe vers les limites de la République populaire de Donetsk.

V. Selon Guérassimov, le groupement « Centre » s’est emparé de 15 localités en septembre et octobre. Des combats sont en cours dans neuf autres, dont Raïskoïé et Sviatogorsk. Dans la région de Zaporojié, les groupements « Dniepr » et « Est » poursuivent leur offensive sur un large front, selon lui. Depuis le 1er septembre, le groupement « Est » a pris le contrôle de dix localités et de plus de 180 km² dans la partie orientale de la région, a-t-il indiqué. Selon le chef d’état-major général, les unités russes ont pénétré dans les secteurs sud-est et sud-ouest de Droujkovka, où se déroulent des combats de rue, et ont atteint les abords de Kramatorsk. Le président a estimé que ces avancées créaient les conditions d’une poursuite des opérations visant à contrôler l’ensemble du Donbass.

La protection des frontières a aussi été abordée. V. Poutine a rappelé qu’après l’incursion ukrainienne dans la région de Koursk, l’armée russe avait reçu pour mission de repousser l’adversaire et d’établir une zone de sécurité en territoire ukrainien. Selon lui, cette tâche progresse avec succès. Dans ce contexte, V. Guérassimov a annoncé l’achèvement d’une opération contre un groupement ukrainien d’environ 2 000 militaires encerclés dans le nord-est de la région de Kharkov. D’après lui, les forces russes ont pris le contrôle de 28 localités dans ce secteur. Le groupement « Nord », commandé par Evgueni Nikiforov, poursuit par ailleurs l’élargissement de la zone de sécurité près de la frontière russe. « Notre objectif est de garantir à l’avenir la sécurité absolue des territoires frontaliers de la Russie, et nous n’avons pas l’intention d’en faire un sujet de possibles négociations de paix avec l’Ukraine », a souligné le président.  Un autre point de la réunion a porté sur les frappes visant les sites militaro-industriels et les infrastructures ukrainiennes. Le leader russe les a présentées comme une réponse aux attaques de Kiev contre les entreprises et les installations énergétiques russes. Il a salué les résultats évoqués dans le rapport de V. Guérassimov et demandé aux commandants de continuer à mener des frappes massives et groupées sur ces sites et sur les centres logistiques ukrainiens.

Pression US

La décision de limiter les capacités du système satellitaire Starlink, que l’Ukraine utilise pour les communications en temps de guerre et les opérations de drones, a été prise au sein même de la Maison Blanche, selon deux responsables américains et un responsable occidental qui se sont entretenus avec Reuters. Des responsables ont indiqué que les dirigeants du ministère de la Défense avaient reçu un message stipulant que « le service Starshield de SpaceX, utilisé par l’armée ukrainienne, doit être ralenti ». Starshield est la version militaire du service Starlink.

Des responsables ukrainiens ont déclaré cette semaine que les récepteurs Starlink de qualité militaire cessaient de fonctionner en Ukraine lorsqu’ils étaient montés sur des objets se déplaçant rapidement, ce qui affectait les performances des drones ukrainiens qui dépendaient d’eux dans leurs systèmes de guidage intégrés au-dessus du territoire ukrainien. Une source au sein du ministère ukrainien de la Défense a déclaré jeudi que les récepteurs fonctionnent actuellement en mouvement, mais seulement à des vitesses allant jusqu’à 160 kilomètres par heure.

Selon des responsables ukrainiens, ces restrictions « ont entravé les missions de frappe contre les forces russes et ralenti les drones intercepteurs utilisés pour abattre les drones Shahed lancés par la Russie ».

En réponse à une demande de commentaires de Reuters concernant l’ordre de restreindre le système Starshield, un haut responsable américain a déclaré : « Le président n’a jamais formulé une telle demande. » La Maison Blanche n’a pas répondu aux questions concernant la possibilité que d’autres responsables de l’administration aient formulé cette demande, selon Reuters. Pour sa part, Elon Musk, PDG de SpaceX, a déclaré mercredi dans un message publié sur la plateforme X que les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement américain et sont contrôlés par lui ; par conséquent, toute restriction de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine ou le président.

Appui européen

Les pays européens, en particulier la France, fourniraient aujourd’hui les deux tiers des renseignements reçus par l’Ukraine, a déclaré le 15 octobre Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères. Cette assistance comprendrait notamment des images satellites utilisées par les forces ukrainiennes pour identifier des cibles militaires. Ces déclarations surviennent alors que Washington menace de suspendre le partage de renseignements avec Kiev en raison des frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes. Les services américains auraient averti l’ambassade ukrainienne que de nouvelles attaques visant ces installations pourraient entraîner l’arrêt immédiat de cette coopération.

Moscou dénonce depuis longtemps l’assistance militaire des pays occidentaux à Kiev, qu’elle considère comme un facteur de prolongation du conflit.

Le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé l’absence d’alertes de la part de ses partenaires avant certains tirs de missiles russes. Donald Trump a néanmoins affirmé, le 13 octobre, que les États-Unis continuaient pour le moment à transmettre des renseignements à Kiev. Dans le même temps, les forces ukrainiennes ont signalé des perturbations des communications satellitaires utilisées sur le front. Ces difficultés auraient compromis les opérations militaires et compliqué la logistique. Dans une enquête de Reuters publiée le 15 octobre, un ordre de ralentir Starshield, le système militaire de SpaceX associé à Starlink, serait venu de la Maison-Blanche. Des responsables du Pentagone auraient reçu cette instruction.

Le chef de la diplomatie française a confirmé la poursuite de l’aide européenne à l’Ukraine, affirmant que les pays européens en assumaient désormais l’essentiel. Il a fait état d’un récent transfert de six milliards d’euros à Kiev. Les désaccords entre Washington et Kiev portent aussi sur la situation politique ukrainienne. D. Trump a invité l’Ukraine à se choisir un nouveau dirigeant, tandis que V. Zelensky conditionne la tenue d’un scrutin à l’instauration d’un cessez-le-feu. J-N. Barrot a, pour sa part, dit vouloir défendre le droit des Ukrainiens à choisir leur dirigeant. Le Kremlin reste toutefois prudent face aux informations faisant état d’une possible réduction de l’assistance américaine. Son porte-parole Dmitri Peskov a estimé le 14 octobre qu’il était prématuré de conclure à un changement de politique de Washington à l’égard de Kiev.

Le président américain a accusé Kiev, en outre, d’avoir revendu sur le marché libre des missiles et du matériel militaire reçus des États-Unis sous l’administration de Joe Biden. Dans un entretien accordé à Newsmax le 15 octobre, il a de nouveau dénoncé les importantes livraisons d’armes effectuées par son prédécesseur. « Où est l’argent que nous avons envoyé à l’Ukraine ? Où est tout le matériel ? », a lancé le locataire de la Maison Blanche, remettant en question le devenir des équipements militaires américains. Le président a estimé à quelque 350 milliards de dollars le montant de l’aide financière et matérielle accordée à Kiev sous J. Biden. La surveillance de ces livraisons avait déjà fait l’objet de critiques : en janvier 2024, le Pentagone avait relevé des insuffisances dans le suivi de certains équipements, d’une valeur supérieure à un milliard de dollars.

Le président ukrainien a pour but d’obtenir davantage de systèmes de défense aérienne au moment où la Russie intensifie ses frappes sur le secteur énergétique – et où la défense ukrainienne manque de moyens d’interception, notamment de missiles Patriot. Emmanuel Macron a souligné que les alliés de Kiev allaient analyser la demande de l’Ukraine, qui a réclamé vendredi une rallonge de 70 milliards d’euros pour financer la guerre contre la Russie, sans se prononcer dans l’immédiat. « L’Ukraine a fait sa demande, c’est trop tôt pour articuler un chiffre », a souligné le chef de l’État, soulignant qu’on reste pour le moment dans l’enveloppe des 90 milliards [du prêt de l’UE à l’Ukraine, NDLR] qui sont à débourser et on étudie évidemment toutes. »

V. Zelensky demande à Bruxelles 70 milliards d’euros supplémentaires pour financer la guerre contre Moscou l’an prochain. Le chancelier allemand Friedrich Merz assure que l’UE restera à ses côtés. « Nous voulons qu’il n’y ait aucun doute quant à notre position à l’égard de l’Ukraine. Par ailleurs, nous savons que les Américains ont aussi d’autres intérêts. J’en prends acte. Mais nous aidons l’Ukraine — et nous le faisons dans notre propre intérêt européen », a-t-il notamment déclaré.

 

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