C’eut été une ordonnance libératrice. La justice administrative française a refusé jeudi d’ordonner l’expulsion de l’un des plus anciens détenus de l’Hexagone, le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinat de deux diplomates américain et israélien en 1987. Cet arrêté d’expulsion de France était selon sa défense une étape nécessaire en vue d’une possible libération.
Incarcéré depuis plus de 37 ans – actuellement détenu dans la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) – G.I. Abdallah a vu ses huit demandes de libération conditionnelle rejetées. A la neuvième, en 2013, le tribunal d’application des peines avait accordé sa libération mais l’avait conditionnée à une expulsion vers le Liban, ont rappelé ses soutiens dans un texte publié en octobre 2021. «Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, refuse de signer l’arrêté d’expulsion au motif que le détenu refuse de se repentir. « L’Etat français poursuit son acharnement», déploraient alors les signataires du texte.
Dans sa décision, consultée par l’AFP, le tribunal administratif de Paris explique qu’il ne peut ordonner au ministère de l’Intérieur de prendre un tel arrêté. Dans un communiqué publié ce 10 février, le collectif Palestine vaincra, très actif soutien à G.I. Abdallah, explique que la requête auprès du tribunal administratif avait été déposée il y a plus d’un an par son avocat Jean-Louis Chalanset alors qu’un arrêt d’expulsion conditionne la libération du militant libanais emprisonné en France depuis plus de 37 ans. Selon des photos et des vidéos postées sur la page de soutien sur Facebook Free Georges Ibrahim Abdallah, suivie par plus de 15 000 personnes, des rassemblements se sont tenus au Liban, en Tunisie, en Turquie et en France ces 9 et 10 février en attente de la décision du tribunal.
G.I. Abdallah croupit toujours en prison : Paris n’a pas avalisé l’expulsion du militant libanais
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