Le Parti socialiste espagnol (PSOE) n’est plus aux petits soins du front Polisario. La formation que pilote Pedro Sanchez est même plus ferme vis-à-vis des séparatistes sahraouis Polisario, comme le prouve le vote de la section du PSOE au Parlement de Navarre, mardi, contre une résolution qui proposait de reconnaître ledit Front comme « le seul et légitime représentant du peuple sahraoui ».
En revanche, le texte a été adopté par la Commission pour la Coexistence et la Solidarité Internationale de la même institution, avec le soutien notable du Parti populaire (PP de droite), de EH Bildu (indépendantistes basques), ainsi que d’autres formations régionales. Cette résolution critique également le soutien du chef du gouvernement espagnol au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, présenté aux Nations unies en 2007.
Pourtant, lors de son 41e congrès organisé à Séville, en novembre dernier, le PSOE n’avait pas inclus la question du Sahara dans le document présenté aux congressistes.
A signaler aussi que certains socialistes influents au sein du PSOE, tels que l’ancien Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero et l’ex-ministre de la Défense José Bono, participent régulièrement aux conférences organisées par le Mouvement Sahraouis pour la Paix. Structure qui, depuis sa création en avril 2020, conteste la « légitimité » du Polisario à représenter « seul le peuple sahraoui ».
Expulsions persistantes
Depuis Laayoune, les autorités marocaines ont expulsé, samedi dernier, trois citoyens espagnols, rapporte la presse ibérique. Parmi eux se trouvaient un ancien député du Parlement de la région autonome d’Aragon, affilié à la Gauche unifiée, ainsi qu’une journaliste. Tous trois ont été contraints de repartir à bord du même avion qui les avait amenés dans cette capitale régionale. Les trois Espagnols avaient pour objectif de « s’informer sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental ». Cela rappelle, à bien des égards, des incidents similaires qui se sont aussi déroulés à Dakhla.
Interpellé par un député basque, José Manuel Albares, chef de la diplomatie espagnole, a simplement rappelé la semaine passée que son ministère offre une assistance consulaire aux Espagnols à l’étranger. Il n’a pas précisé si ses services avaient protesté auprès des autorités marocaines concernant ces expulsions répétées d’Espagnols du Sahara, comme le demandait le parlementaire. Le 15 mars, le Maroc avait déjà expulsé trois juristes espagnols.
Coopération sécuritaire
Pour contrer les tentatives d’infiltration de migrants irréguliers venus d’Afrique subsaharienne vers Sebta, les autorités marocaines ont intensifié les mesures de sécurité autour de la ville de Fnideq et de la région de Belyounech.
Ce dispositif a été déployé dès le premier jour de l’Aïd El-Fitr, dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer le contrôle des frontières, lit-on dans la presse espagnole. « Ces mesures ont considérablement réduit l’afflux de migrants irréguliers à Fnideq et Belyounech. Cette approche préventive s’inscrit dans un plan élaboré par le commandement régional de la Gendarmerie Royale à Tétouan, en étroite collaboration avec les autorités locales et les autres forces de sécurité », y précise-t-on.
Le dispositif de sécurité qui mobilise la Gendarmerie Royale, les Forces Armées Royales, la Sûreté Nationale, les Forces Auxiliaires et la Protection Civile, a été mis en place aux entrées de Fnideq et de Belyounech, ainsi que sur les principaux axes routiers menant à la région.
En septembre 2024, les forces de sécurité marocaines ont repoussé des centaines de migrants subsahariens tentant d’investir le Préside de Sebta.
A relever aussi que la Garde civile espagnole a arrêté 23 membres d’un réseau criminel dirigé par un trafiquant de drogue surnommé « El Tarta », impliqué dans le trafic de grandes quantités de haschisch depuis le Maroc. Les actes incriminés ont été menés via le fleuve Guadalquivir en Andalousie, donnant sur l’océan Atlantique à l’ouest du détroit de Gibraltar, à l’aide d’embarcations ultra-rapides (go-fast). Baptisée « Insula », l’opération a permis la saisie de 452 kilogrammes de haschisch, de 22 406 litres de carburant et de deux véhicules volés utilisés pour l’acheminement de la drogue, indique-t-on.
Ces arrestations font suite à 20 perquisitions dans les régions de Séville et de Cadix, au cours desquelles trois bateaux à moteur de 300 chevaux ont également été saisis, ainsi que 54 840 euros en espèces et divers équipements électroniques, tels que des caméras de surveillance et des GPS marins.
Les forces de sécurité ont ouvert leurs enquêtes en avril dernier, après avoir identifié un réseau criminel impliqué dans le vol et l’usage de véhicules de valeur pour transporter de la drogue, entre Lebrija et les zones adjacentes au fleuve Guadalquivir.