Le Maroc devance ainsi ses voisins nord-africains. L’Algérie totalise 64 certificats (6,2 %) et la Libye 56 (5,4 %). Le royaume précède ainsi l’Algérie de deux certificats et la Libye de dix. À eux trois, ces marchés cumulent 186 documents, soit près de 18 % du total recensé sur la période, ce qui fait de l’Afrique du Nord la première région visée par les démarches des fabricants russes. Viennent ensuite l’Afghanistan avec 53 certificats, le Yémen (44), Cuba (40), puis les Émirats arabes unis et l’Azerbaïdjan (33 chacun).
Ces données traduisent une stratégie d’homologation plutôt qu’un courant d’affaires déjà établi. En effet, un certificat ne garantit ni l’expédition de lots ni la vente de boîtes de médicaments, d’autant qu’un produit peut accumuler plusieurs enregistrements simultanés.
Côté fabricants, la concentration est nette. Promomed Rus (société à responsabilité limitée) arrive en tête avec 281 certificats (27,2 %), devant Biocad (société par actions), qui en compte 126 (12,2 %), et Gueropharm, avec 123 (11,9 %). Ces trois laboratoires réunissent à eux seuls 530 documents, un peu plus de la moitié de l’ensemble (51,3 %). Promomed Rus pèse à lui seul plus d’un quart du volume total, soit davantage que Biocad et Gueropharm réunis. Loin derrière, Ozon en compte 55 (5,3 %) et Endopharm, entreprise unitaire fédérale d’État, 46 (4,4 %). Les données du Minpromtorg portent sur 321 dénominations commerciales.
Le portefeuille est dominé par les traitements du diabète de type 2 et de l’obésité. Tirzetta, à base de tirzépatide, arrive en tête avec 119 certificats (11,5 %), suivie de Sedjaro, fondée sur la même molécule, avec 55 (5,3 %) : à elles deux, ces spécialités totalisent 174 certificats. Trois produits à base de sémaglutide complètent le haut du tableau : Velgia eco (40), Semavik Next (31) et Velgia (30). Les cinq premières dénominations commerciales rassemblent 275 certificats, soit 26,6 % du volume.
Cette dynamique réglementaire s’inscrit dans un cadre commercial déjà substantiel entre Rabat et Moscou. Igor Beliaev, ambassadeur de Russie à Rabat, a récemment indiqué que les échanges bilatéraux se maintenaient entre 1,5 et 2 milliards de dollars, en citant notamment les exportations russes de produits agricoles, industriels, chimiques et pharmaceutiques vers le Royaume. Le diplomate a également fait état d’un travail visant à élargir la gamme des produits russes destinés au marché marocain, notamment à travers la certification « Halal ».

