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Dissuasion nucléaire : L’OTAN rassure Moscou…

by Perspectives Med
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Dissuasion nucléaire : L’OTAN rassure Moscou…

Nassima Barrows, directrice de la politique nucléaire de l’OTAN, a insisté sur le caractère annuel de l’exercice Steadfast Noon. « Nous organisons ces exercices chaque année, c’est aussi un signal clair adressé à des pays comme la Russie : il n’y a pas de raison de s’inquiéter. » Selon elle, ces manœuvres visent à entraîner les forces alliées et à préserver les capacités nucléaires du bloc. Un haut responsable de l’OTAN, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a également assuré vouloir « apaiser la situation ».

Prévues du 13 au 23 octobre en Italie, les manœuvres Steadfast Noon réuniront 17 pays. Leur programme comprend des simulations d’alerte et des vols d’entraînement. Le colonel David Bull, responsable des opérations nucléaires de l’OTAN, a précisé que la participation serait comparable à celle des éditions précédentes et qu’aucune arme nucléaire réelle ne serait utilisée. Des dizaines d’avions devraient être mobilisés.

Sur le plan intérieur, l’opération soulève des questions. Le 7 octobre, Angelo Bonelli, député d’opposition, a demandé à Guido Crosetto, ministre italien de la Défense Guido Crosetto pourquoi le Parlement n’avait pas été informé de ces manœuvres. D’après lui, elles comprendraient une simulation de l’emploi d’armes nucléaires américaines stationnées en Europe.

La Russie a averti l’OTAN que toute action militaire visant Kaliningrad pourrait entraîner des frappes de représailles. Situé en bordure de la mer Baltique, entre la Pologne et la Lituanie, ce territoire russe est bordé par deux pays membres de l’Alliance. Moscou et Minsk ont par ailleurs dénoncé l’intensification des activités militaires de l’OTAN aux frontières de l’État de l’Union. L’ambassade russe à Bruxelles a averti qu’une tentative de blocus de Kaliningrad risquerait de provoquer un affrontement direct avec l’Alliance. Au forum Valdaï, le président russe a déclaré que Moscou ne cherchait à intimider personne, tout en soulignant qu’en cas d’attaque directe contre la Russie, y compris contre Kaliningrad, la question de l’emploi de tous les armements disponibles se poserait.

Le pari kaki de Paris

« Sanctuarisé » conformément aux désidératas d’Emmanuel Macron, le budget français de la Défense est appelé à augmenter en 2027. Dans sa copie budgétaire pour 2027, qui s’articule notamment autour de l’actualisation de la loi de programmation militaire, le gouvernement prévoit ainsi d’allouer 63,4 milliards d’euros aux Armées l’année prochaine, soit 6,5 milliards de plus et une hausse de 11 %.

Pour faire passer la pilule, à l’heure où les Français sont appelés à des « efforts » tous azimuts et où le pays va droit dans le mur de la dette, Catherine Vautrin, ministre des Armées, a notamment sorti le joker de la menace russe. Ainsi, auditionnée en commission de la Défense le 8 octobre, elle a laissé entendre qu’une non-adoption du budget d’ici à la fin de l’année pourrait conduire à ce que « les nouveaux investissements […] tombent », que « des programmes d’armement » soient « bloqués » ou encore qu’« aucune commande » ne soit passée, « puisque nous n’aurons pas la capacité de les régler ». Le tout alors que la même ministre avait déclaré plus tôt que les forces françaises « doivent se préparer à un engagement majeur ». « Nous le savons, plus que jamais, nos armées doivent se préparer à un engagement majeur », a-t-elle ainsi souligné dans son propos liminaire, avant d’évoquer, une dizaine de secondes plus tard, le fait qu’« en Ukraine, la guerre d’agression russe est entrée dans sa cinquième année ». « Les intentions de la Russie ne souffrent d’aucune nuance : soumettre l’Ukraine et imposer aux Européens une nouvelle organisation de sécurité, qui se ferait bien sûr à notre détriment », a-t-elle poursuivi.

Après avoir évoqué une Russie qui « accroît sa production d’armements, militarise son économie, multiplie les actions hostiles contre nous », C. Vautrin a estimé que « réduire cette guerre à un différend territorial serait probablement se tromper sur ses causes comme sur les conditions d’une paix durable ». Dans la foulée, ces membres des gouvernements C. Barnier et Lecornu a notamment doctement évoqué — à l’instar d’E. Macron lors de ses dernières prises de parole sur le sujet — l’épisode du drone à Leipzig. C. Vautrin n’en est pas à son coup d’essai en matière d’« engagement majeur ». Fin août 2025, Le Canard enchaîné révélait qu’une « instruction » du ministère de la Santé — alors sous la houlette de C. Vautrin — adressée aux directeurs des agences régionales de santé les invitait à préparer, d’ici à mars 2026, les hôpitaux à un possible « engagement majeur ». Dans cette perspective, rapportait encore le Palmipède, était envisagée la création de centres médicaux aux abords de gares routières ou ferroviaires, d’un port ou d’un aéroport, afin de « permettre le réacheminement vers leur nation d’appartenance » de soldats étrangers. « Chaque euro supplémentaire doit être utile aux forces », a déclaré Vautrin le 8 octobre, assurant de la « volonté » de l’exécutif de « maîtriser » les dépenses.

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