Le Souverain a souligné que le Royaume, vielle nation, a réussi à consolider sa position sur la scène internationale en tant que « partenaire responsable et fiable, attaché au respect de ses engagements et en droit d’attendre la même attitude de la part de ses partenaires ».
Abordant le dossier de la migration, le Roi a indiqué que l’approche équilibrée adoptée par le Maroc dans la gestion de ce phénomène a donné des résultats tangibles. Il a toutefois souligné la nécessité de reconnaître que « le modèle actuel de coopération (…) est désormais dépassé, comme le démontrent clairement les crises répétées ». Le Souverain a relevé qu’il en va de même avec l’Espagne, avec laquelle le partenariat a enregistré des avancées importantes dans différents domaines, notamment dans la lutte contre la migration irrégulière. « Cette coopération est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs liés à certaines dispositions juridiques obsolètes et à des décisions judiciaires déconnectées de la réalité, qui empêchent malheureusement le rapatriement des enfants mineurs et des personnes se prévalant faussement du droit d’asile, tout en alimentant les ambitions des réseaux criminels », a encore relevé le Souverain.
Dans le même contexte, le Roi a affirmé que, « face aux déclarations irresponsables et à l’exploitation flagrante par certains milieux politiques et médiatiques », le Maroc réaffirme que « le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, et ne saurait en aucun cas être soumis à des pressions, des menaces ou du chantage ». Plus, il annoncé que le Maroc présentera à ses partenaires, à ce sujet, un document définissant « une vision stratégique claire et pragmatique », qui jettera les bases d’une nouvelle approche à même de renforcer le développement partagé, la compétitivité économique et la stabilité régionale.
Par ailleurs, le Roi a souligné que, dans un contexte mondial marqué par l’accélération des mutations géoéconomiques, le Maroc s’est engagé, avec une vision claire, dans une nouvelle dynamique de réformes et de grands projets. Il a ajouté que parallèlement à l’accélération des projets d’infrastructures programmés, il convient de lancer une nouvelle génération de grandes stratégies, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de la sécurité alimentaire, du décollage industriel, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.
Le Souverain a également appelé à accélérer le développement des capacités du Royaume en matière de réserves stratégiques et de sécurisation de l’approvisionnement en biens essentiels, exhortant le secteur privé national à se hisser au rang d’acteur stratégique de la transformation du développement du pays, en se montrant plus proactif, plus innovant et davantage capable de créer des emplois, d’attirer les investissements et de dynamiser les exportations.
Concernant les jeunes, le Roi a insisté sur la nécessité de placer leurs préoccupations au premier rang des politiques publiques et des priorités des instances de gouvernance, à travers l’élaboration d’une vision intégrée garantissant l’égalité des chances et couvrant l’éducation, la formation et l’intégration économique.
Le Souverain a estimé que la promotion d’un développement intégré, l’amélioration des services publics et la stimulation de l’investissement productif sont étroitement liées au chantier de la régionalisation avancée et à la mise en œuvre de la déconcentration administrative. À cet égard, il a expliqué que les retards et les dysfonctionnements qui continuent d’entraver le déploiement de la décentralisation et de la déconcentration administrative ont un impact négatif sur les programmes de développement économique et social, tout en freinant la réponse aux préoccupations réelles des citoyens.
Le Roi a souligné qu’il n’est plus acceptable d’enregistrer le moindre retard ou la moindre procrastination dans la mise en œuvre intégrale de la Charte de la déconcentration administrative, y compris le transfert des compétences nécessaires ainsi que des ressources humaines et financières du centre vers les provinces et les régions. Il a également appelé à lever les obstacles qui continuent d’entraver l’action des institutions régionales, notamment à travers une définition plus claire de leurs attributions et le renforcement de leurs ressources humaines et matérielles. Un appel on ne peut plus pressant.
Dans ce contexte, le Souverain a insisté sur la nécessité d’encadrer les relations entre l’État et les régions, et de mettre en place des mécanismes de coordination et de contractualisation permettant aux régions de prendre des décisions et de mettre en œuvre des projets. L’appel royal est on ne peut plus pressant… D’autant que les réformes retardées intègrent le règlement du dossier saharien sur lequel le Souverain a fait l’impasse, et ce, en dépit des récents rapports onusiens. Le Chef de l’Etat qui est également Président du Comité Al-Qods n’a pas abordé, non plus, le drame palestinien ni les relations entre Rabat et Israël. Là aussi, on relèvera que les Marocains qui se solidarisent avec la juste lutte du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits historiques et légitimes multiplient depuis le génocide de Gaza à mettre un terme à la normalisation.

