L’étude, qui passe au crible 192 pays, situe le Maroc dans une zone médiane : ni parmi les économies les plus avancées en matière de compétitivité durable, ni au sein du groupe des États les plus vulnérables. Cette position intermédiaire illustre à la fois les progrès accomplis et les marges de progression encore importantes.
Sur le volet du capital intellectuel et de l’innovation, le Maroc obtient la 62ᵉ place mondiale. Ce rang lui permet de devancer des pays africains de référence tels que la Tunisie (95ᵉ) ou l’Afrique du Sud (127ᵉ). Le rapport nuance toutefois cette performance en soulignant le décalage persistant avec les nations en tête de classement, notamment celles affichant des systèmes éducatifs, scientifiques et technologiques plus robustes.
L’indice de SolAbility repose sur six dimensions fondamentales : capital intellectuel, capital naturel, capital social, durabilité économique, gouvernance et efficacité dans l’usage des ressources. Sur ces différents volets, le Maroc demeure confronté à des défis structurels, en particulier dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de la gouvernance. Le pays affiche néanmoins un niveau jugé « moyen » en matière de durabilité économique et sociale.
Le rapport estime que, comme la plupart des pays africains, le Royaume pourrait améliorer son positionnement à l’échelle internationale à condition d’engager des investissements plus équilibrés dans l’éducation, l’innovation, la préservation des ressources naturelles, l’amélioration des mécanismes de gouvernance et le renforcement de la cohésion sociale.
L’étude rappelle enfin que 84 % des pays évalués restent en dessous de seuils jugés satisfaisants en matière de durabilité. Elle souligne, par ailleurs, la domination persistante des pays d’Europe du Nord dans les premières places du classement. Une réalité qui, selon ses auteurs, démontre que la transition vers un modèle de développement véritablement durable requiert des politiques publiques intégrées, capables d’articuler croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement.
