« Il l’a fait après les élections européennes, au lendemain des législatives, en nommant Michel Barnier, François Bayrou et aujourd’hui Sébastien Lecornu », a-t-il lancé mercredi, soulignant que E. Macron ignore le souhait des Français. D. de Villepin déplore un manque d’écoute et d’ouverture, estimant que le président « n’a pas compris le bon fonctionnement de notre système démocratique » et met en péril les institutions. Il décrit E. Macron comme un homme « qui s’entête, qui ne veut pas avoir tort », refusant d’amender sa politique malgré les signaux clairs de 2024.
Concernant la nomination de Sébastien Lecornu, D. de Villepin le décrit comme « travailleur, habile », capable de tirer les leçons de ses succès comme de ses échecs. Mais, ajoute-t-il, « son principal problème, c’est Emmanuel Macron ». Il exhorte donc le nouveau Premier ministre à ne pas se contenter d’être « le gentil toutou de Monsieur le président », assurant que son indépendance renforcerait la démocratie française.
L’ancien Premier ministre insiste sur la nécessité d’une ouverture politique, appelant E. Macron à écouter les Français et à adopter un virage, notamment en matière de justice sociale. Il évoque la multiplication par six des richesses des 500 familles les plus fortunées depuis 2017, plaidant pour une taxation intelligente des ultra-riches sans nuire à la production. « Le président devrait écouter les Français et comprendre qu’on attend de lui une ouverture politique », martèle-t-il, avertissant que E. Macron « joue avec la démocratie française » et risque de compromettre le fonctionnement des institutions. Cette critique s’inscrit dans un contexte de crise aiguë : après la dissolution de juin 2024 et la chute de Bayrou le 8 septembre, la France est paralysée par un Parlement fragmenté, sans majorité claire.
D. de Villepin, qui n’exclut pas une candidature en 2027, appelle à un « geste fort » pour restaurer la confiance, comme une réforme fiscale équitable. Ses propos résonnent avec les appels du PS et des écologistes pour une cohabitation, tandis que le RN exige une dissolution. Cette intervention met en lumière les faiblesses de la Ve République face à un président jugé déconnecté, risquant une instabilité institutionnelle durable.
