Home SecrorielsAgricultureCulture de l’avocat : Une feuille de route qui mise sur la qualité…

Culture de l’avocat : Une feuille de route qui mise sur la qualité…

by Perspectives Med
0 comments
Culture de l’avocat : Une feuille de route qui mise sur la qualité...

Le Maroc s’impose désormais comme un acteur incontournable de l’avocat, fruit devenu star des étals européens. En 2023, la production nationale atteignait déjà près de 118.666 tonnes avant de grimper, un an plus tard, vers les 130.000 tonnes, chiffres qui placent le Royaume en tant que troisième producteur et deuxième exportateur africain, juste derrière le Kenya et devant l’Afrique du Sud, assure The African Exponent, plateforme spécialisée dans les analyses économiques et les classements continentaux.

Cette ascension fulgurante repose sur l’expansion massive des plantations. En cinq ans, les superficies cultivées ont été multipliées par trois, passant de 4.000 hectares en 2018 à plus de 12.000 hectares en 2023/2024. Les régions du Gharb et du Loukkos, bénéficiant de conditions climatiques propices, concentrent une bonne partie de cette dynamique. Cela a permis une augmentation significative des volumes et des recettes, ayant bondi à 179 millions de dollars sur la saison 2024/2025.

De plus, le Royaume a su capitaliser sur ses avantages géographiques et logistiques. Grâce à sa proximité avec l’Europe, des délais de transit réduits et les accords de libre-échange avec l’Union européenne, plus de 80% des avocats marocains trouvent preneurs en Espagne, en France et aux Pays-Bas. Par ailleurs, la stratégie s’est récemment ouverte à de nouveaux marchés, dont la Suisse, la Belgique et surtout le Portugal, où les exportations ont été multipliées par onze… Les marchés du Canada, de la Turquie ou encore de la Malaisie ont aussi été investis. Mais cette performance a aussi son angle mort. La surproduction a entraîné une chute des prix de près de 35% en 2024/2025, forçant certains producteurs à laisser des fruits pourrir dans les arbres. A cela s’ajoute aussi  le débat sur la soutenabilité du modèle au regard de la sécheresse récurrente et de la rareté des ressources en eau.

Conscients du risque, les professionnels réunis au sein de l’Association marocaine de l’avocat plaident pour une nouvelle feuille de route. Leur objectif étant de passer d’une croissance quantitative à une croissance qualitative et durable, en misant sur une meilleure planification de la production, des stratégies d’exportation plus ciblées et une gestion responsable des ressources hydriques.

Dans l’ensemble, c’est tout le continent africain qui connaît une véritable « avocado rush ». En 2024, les exportations africaines ont atteint 308.000 tonnes pour une valeur proche de 687 millions de dollars. Le Kenya domine largement ce marché, tandis que l’Ethiopie, le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Malawi s’imposent à leur rythme, portés par des modèles de développement différents, qu’il s’agisse des coopératives au Kenya, du soutien étatique massif en Ethiopie ou de l’expansion foncière rapide au Maroc.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.