Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et Rafael Grossi, directeur argentin de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sont tous deux originaires d’Amérique latine, la région qui réclame, cette fois-ci, le poste de Secrétaire général.
De nombreux États plaident également pour qu’une femme soit nommée pour la première fois. Or M. Sall ne remplit aucun des deux critères. Ses partisans estiment que dans le climat géopolitique actuel, il a toutes ses chances. Si l’ensemble du Conseil de sécurité élira le futur Secrétaire général, ce sont vraiment les 5 membres permanents, avec leurs droits de veto, qui décideront qui prendra la tête de l’ONU. Les conseillers de M. Sall le savent, et mettent en avant tout d’abord qu’il n’a lui pas de contentieux avec aucun de ces « P5 », Chine, États-Unis et Russie pouvant être particulièrement rancuniers.
Xi Jinping avait co-présidé avec lui le forum Chine-Afrique, Vladimir Poutine avait apprécié sa neutralité et ses abstentions lorsque le Conseil des droits de l’homme cherchait à sanctionner la Russie. Ensuite, la composition du Conseil pourrait être favorable à l’ancien chef d’État sénégalais : 3 membres africains siègent au Conseil cette année, Bahreïn et le Pakistan sont tous deux membres de l’Organisation de la coopération islamique, instance que M. Sall connaît bien.
Lorsqu’on fait remarquer qu’il est un homme alors que depuis 10 ans, on chuchote à l’ONU qu’il serait temps qu’une femme prenne la tête de l’organisation, on réplique que Washington refuserait toute candidate, et que M.Bachelet est de toute façon détestée par les Chinois et les Russes.
Peu importe qu’il soit accusé par le nouveau président sénégalais d’agissements coupables dans la gestion des affaires, venant du Sud global, M. Sall compte se présenter en candidat du consensus – un concept qui a disparu depuis 5 ans au moins à l’ONU. Sa première étape sera de faire endosser sa candidature par toute l’Union africaine.
