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Autonomie stratégie de l’Europe : Lorsque E. Macron brasse le vent…

L’idée du chef d’État français d’une autonomie stratégique de l’Europe au sein de l’Otan a été qualifiée d’« irréaliste » par Jean-Vincent Brisset, général de brigade aérienne. Se confiant au micro de Sputnik Afrique, le haut gradé français a assuré qu’il faudrait inventer « quelque chose qui soit une défense européenne », ce qui « n’est pas dans les perspectives à moyen et à court terme ».
Autonomie stratégie de l’Europe

Emmanuel Macron a plaidé, jeudi, pour une autonomie stratégique de l’Europe au sein de l’Otan, insistant sur son indépendance vis-à-vis des États-Unis. Selon lui, cela permettrait à l’Europe d’agir « au sein de l’Alliance, avec l’Otan, mais pas en dépendant de l’Otan ».

Cependant, une telle initiative est jugée « irréaliste » par J-V. Brisset, général de brigade aérienne, chercheur associé à l’IRIS. « Pour moi c’est totalement irréaliste. Une coalition, puisque l’Otan c’est quand-même quelque chose qui est strictement militaire, une coalition militaire, ça se déroule avec des principes de base, des règles d’engagement de base, un commandement de base », a-t-il réagi à chaud à l’idée lancée par l’hôte de l’Elysée.

J-V. Brisset estime qu’il faudrait inventer « quelque chose qui soit une défense européenne, avec des règles d’engagement européennes et une politique étrangère européenne », ce qui, selon lui, « n’est certainement pas dans les perspectives à moyen et à court terme ».

En outre, le chercheur ajoute ne pas voir la France prendre des démarches concrètes pour mettre en œuvre l’idée avancée, « à part le fait que la France a essayé de rester en concurrence sur les marchés d’armement contre les États-Unis et n’a en général pas eu de grand succès dans des pays importants à ce niveau-là ».

Il a tenu à souligner que c’était un discours « assez rassembleur sur le plan politique » au moment où « de plus en plus de Français commencent à se rendre compte que ce qu’il se passe en Ukraine n’est pas forcément l’intérêt de la France ».

Dans l’objectif d’une autonomie stratégique de l’Europe, J-V. Brisset déplore aussi des problèmes avec l’industrie militaire, car l’UE achète toujours le gros de ses armes aux États-Unis. « Pour le moment, les achats européens, c’est un peu plus cher que ce que proposent les États-Unis et cela imposerait d’avoir une indépendance [européenne] dont je viens de vous parler, qui n’existe pas. Donc, la tentation est très, très forte d’acheter américain », explique-t-il.

Quant à la relocalisation massive des entreprises européennes vers les États-Unis, le général estime que la situation est aggravée par « les subventions faites par Washington aux industries américaines en concurrence déloyale avec les industries européennes ».

Enfin, il relève que « la pitoyable tentative faite par le Président français auprès du Président américain est une assez belle démonstration du fait que les Américains ne bougeront pas sur ce sujet et qu’ils ont un excellent prétexte pour affaiblir l’industrie européenne dans différents domaines, en particulier le domaine de l’armement ».

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