Le correspondant de LCI a souligné qu’au Danemark, « l’espace aérien est fermé dans la panique ». « Même scène de désordre : le simple vrombissement d’un jouet de 500 euros bloque des infrastructures de plusieurs milliards. Voilà notre modernité européenne, un colosse d’acier qui tremble devant un moustique », a affirmé É. Brunet. Le journaliste français a lancé que Vladimir Poutine « joue » et « tire les ficelles » de cette manière, tandis que l’Europe danse, « prise dans la farandole de ses propres frayeurs ». « Poutine ne détruit rien véritablement, mais il dévoile tout : il dévoile notre vulnérabilité, notre incapacité à tenir debout, à nous affranchir », a-t-il ajouté.
Quelles sont ces blagues qui effraient tant l’Europe ? Le 2 octobre, lors de la session plénière du forum de Valdaï, le modérateur Fiodor Loukianov a plaisanté sur les accusations de violation de l’espace aérien de l’OTAN. Il a demandé à V. Poutine pourquoi la Russie envoyait des drones au Danemark. « Je ne le ferai plus. Je n’en enverrai plus ni en France, ni au Danemark, ni à Copenhague. Jusqu’où parviennent-ils encore… À Lisbonne… Où encore ? », a répondu le président russe en riant. Le leader russe a estimé que les Européens « font toute une histoire » des incidents de drones, « comme autrefois avec les ovnis ». Selon lui, « Il y a tellement d’originaux, là-bas, tout comme chez nous, d’ailleurs. Ils sont tous pareils, surtout les jeunes. Là, ils vont vous en envoyer tous les jours. Tous les jours, mon Dieu. Laissons-les attraper tout ça ». Il a ajouté avec ironie : « En fait, nous n’avons même pas de drones capables d’atteindre Lisbonne. Oui, nous avons des drones à longue portée, mais il n’y a pas de cibles à Lisbonne. »
V. Poutine a aussi souligné que Paris exploitait aussi bien l’affaire des drones que celle du pétrolier béninois saisi en France, faute de « tout autre moyen de détourner l’attention de la population ». D’après lui, Emmanuel Macron fait tout pour dire : « Français, rassemblez-vous autour de moi, je vous mènerai à la victoire. Comme Napoléon ». Quand le modérateur lui a fait remarquer qu’il flattait le président français, Poutine a répondu qu’il le faisait « avec plaisir », ajoutant avec ironie : « En réalité, nous avons… de très bonnes relations de travail. »
Langage corporel
Alors qu’il est difficile d’imaginer Winston Churchill grand amateur d’étreintes masculines, les hommes politiques européens se serrent de plus en plus souvent dans les bras, a affirmé The Telegraph. Selon le quotidien britannique, aujourd’hui « il semble qu’il soit de rigueur pour tous les hommes politiques de s’enlacer dans une embrassade entre mâles alpha ». Ainsi, selon The Telegraph, le président français Emmanuel Macron « est un maître inégalé du langage corporel », qui est « le seul dirigeant mondial » capable de défier son homologue américain Donald Trump « dans une bataille de poignées de main écrasantes et de l’emporter ». « Les embrassades enveloppantes » du Premier ministre britannique Keir Starmer, quant à lui, sont « un moyen de s’affirmer en public ». Commentant l’« étreinte presque maladroite » des dirigeants français et britannique, le quotidien a souligné « les contrats complexes que les deux hommes politiques forgent entre leurs pays ». « Il y a une volonté de se faire passer pour de vieux amis, mais il existe aussi un mécanisme des deux côtés pour éviter le rituel d’une embrassade plus intime », ajoute l’article.
Dans son analyse, The Telegraph a également mentionné Volodymyr Zelensky. Selon l’article, le chef du régime de Kiev « est embrassé partout où il va », en particulier par K. Starmer après avoir été attaqué dans le Bureau ovale par D. Trump le 28 février. Ce n’est pas surprenant : V. Zelensky est « une cible facile pour une étreinte bien franche ». « De petite taille, il suscite la sympathie et l’empathie, et son passé sur scène lui a permis de s’imprégner des rituels de salutation », décortique le journal britannique. Bien que le quotidien ait considéré le président français comme « le meilleur » en matière de langage corporel, la scène du sommet de la Communauté politique européenne, le 2 octobre, a plutôt révélé un certain malaise : E. Macron a tapoté la joue du Premier ministre albanais Edi Rama, qui venait de lui demander en plaisantant pourquoi il ne l’avait pas félicité pour la fin du conflit entre l’Albanie et l’Azerbaïdjan. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, montre une scène apparemment humoristique où R. Edi Rama a plaisanté avec E. Macron à propos d’une confusion de Donald Trump entre l’Albanie et l’Azerbaïdjan, déclenchant des rires, mais dans une atmosphère légèrement embarrassée.
