Les forces de défense aérienne ont « détruit et interceptés » 44 drones de type avion au-dessus des régions russes dans la nuit du 20 novembre, a déclaré le ministère russe de la Défense sur sa chaîne Telegram. Selon le ministère, 20 drones ont été abattus au-dessus de la région de Novgorod, cinq au-dessus de la région de Koursk, quatre au-dessus de la région d’Orel, trois au-dessus des régions de Belgorod, Toula et Tver, et deux au-dessus des régions de Briansk, Moscou et Smolensk. Les gouverneurs des régions d’Orel, de Toula, de Briansk et de Smolensk ont assuré qu’il n’y avait ni victimes ni dégâts. Viatcheslav Gladkov, gouverneur de la région de Belgorod, a déclaré sur sa chaîne Telegram qu’un habitant de la ville de Сhébekino avait été blessé. « Un homme souffrant d’une blessure au visage a reçu des ambulanciers le secours nécessaire », a-t-il déclaré. En outre, selon des informations préliminaires, des fenêtres ont été brisées dans deux habitations, une ligne électrique a été endommagée, « les habitants de trois rues sont temporairement privés de lumière », a ajouté S. Gladkov. Quelques heures plus tôt, dans la journée du 19 novembre, la Défense russe a annoncé avoir détruit plusieurs missiles à longue portée américains ATACMS dans la région de Briansk. Une annonce du ministère russe de la Défense que la porte-parole adjointe du Pentagone, Sabrina Singh, a refusé de commenter. Elle a également refusé de confirmer l’information selon laquelle le président américain Joe Biden avait autorisé l’Ukraine à utiliser des missiles américains pour frapper en profondeur le territoire russe. « Je n’ai rien à annoncer ou à confirmer à ce stade. Si nous avons plus d’informations à partager publiquement, nous le ferons », a déclaré le service de presse du ministère américain de la Défense. À la question de savoir si elle pensait que la troisième guerre mondiale avait commencé « étant donné l’escalade conjointe des attaques des États-Unis et de l’OTAN », S. Singh a répondu par la négative.
Escalade otanienne
Les frappes des forces armées ukrainiennes sur la région de Briansk avec des missiles ATACMS sont un signal que l’Occident « veut l’escalade », a déclaré mardi 19 novembre Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe. Celui-ci s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de sa participation au sommet du G20 le 19 novembre. « Le fait que des missiles ATACMS aient été utilisés à plusieurs reprises cette nuit dans la région de Briansk est, bien entendu, le signe qu’ils [les Occidentaux] veulent une escalade. Et sans les Américains pour utiliser ces missiles de haute technologie – [le président russe Vladimir] Poutine l’a dit à maintes reprises – c’est impossible », a déclaré le ministre russe. Celui-ci a également rappelé que le dirigeant russe avait déjà averti les pays occidentaux que la position de la Russie changerait si « cette capacité de longue portée, sur laquelle ils spéculent actuellement, jusqu’à 300 kilomètres, était approuvée ». « En fait, il ne s’agit pas d’une autorisation pour l’Ukraine d’utiliser des missiles à longue portée. Il s’agit simplement d’annoncer que nous allons désormais frapper jusqu’à 300 kilomètres », a-t-il ajouté.
Toutefois, le ministre russe a déclaré qu’il n’y avait « toujours pas de confirmation de la part de la Maison Blanche et du Pentagone » concernant cette autorisation donné à Kiev de frapper en profondeur sur la Russie avec des missiles américains à longue portée. Une information, qu’avait été révélé le 17 novembre par le New York Times, que l’administration Biden s’est jusqu’à présent refusé de commenter. Lors de cette conférence de presse, à l’issue du sommet du G20 à Rio de Janeiro, d’autres points d’actualité ont été abordé. Parmi eux, la publication dans la matinée d’un décret, signée par Vladimir Poutine, concernant l’actualisation de la doctrine nucléaire russe. « Nous sommes convaincus que les armes nucléaires sont avant tout un moyen de dissuasion, de prévention ou d’évitement d’une guerre nucléaire », a déclaré le chef de la diplomatie russe. Lors de ses échanges avec les journalistes, ce dernier a également noté que « l’Occident, naturellement, a essayé d’ukrainiser l’ensemble de l’ordre du jour » du sommet du G20, mais que « personne parmi les pays de la majorité mondiale, du Sud, ne l’a soutenu ».
Avancée russe
Sur ces entrefaites, force est de souligner que l’armée russe a annoncé mercredi 20 novembre avoir pris le contrôle de la localité d’Iliinka, dans la République populaire de Donetsk. Des unités du groupement de troupes Centre ont « libéré la localité d’Iliinka dans la République populaire de Donetsk », a déclaré le ministère russe de la Défense, sur sa chaîne Telegram. Iliinka est situé sur la rive droite du réservoir de Kourakhovo. Sur sa rive gauche se trouve l’un des plus grands bastions des forces armées ukrainiennes dans la région, la ville de Kourakhovo. Celle-ci avait été dépeinte comme « la prochaine cible » de l’armée russe par le média russe Rybar, au moment où l’armée russe annonçait la libération du village de Voltchenka, situé à l’extrémité orientale du réservoir. Par ailleurs, selon l’armée, 12 contre-attaques des forces armées ukrainiennes ont été repoussées et « quatre bombes guidées Hammer de fabrication française, une roquette tirée par un HIMARS de fabrication américaine et 141 véhicules aériens sans pilote de type avion ont été abattus ».
Les groupements de troupes Ouest et Est ont « amélioré leur position tactique », précise par ailleurs le ministère. La veille, l’armée russe avait annoncé la libération, par ce même groupement Centre, de Novosélidovka, un village situé à environ 6 kilomètres au nord d’Iliinka. Le 18 novembre, la Défense russe annonçait la prise de contrôle du village de Novoalekséïevka, une vingtaine de kilomètres plus au nord. Également en RPD, l’armée russe avait annoncé la semaine passée la libération des localités de Voznessenka, Voltchenka, Stépanovka et Rovnopol.