Plus révélateur encore, une seconde tranchée (T1A), implantée à 185 mètres le long de l’axe structural, a confirmé la continuité du système avec 3 mètres à 4,04 % Sb. Cette répétition des teneurs le long du corridor renforce l’hypothèse d’un système cohérent plutôt que d’une anomalie ponctuelle. L’ensemble s’inscrit dans une structure liée à la faille de Smaala–Oulmès, identifiée comme principal contrôle de la minéralisation sur le périmètre.
Les données géophysiques antérieures, fondées sur des levés de résistivité et de polarisation provoquée (IP), prennent désormais tout leur sens. L’interception à 37 % se situe précisément au-dessus d’une anomalie IP majeure, validant le modèle prédictif établi en amont et réduisant sensiblement le risque géologique. Les signaux géophysiques indiquent en outre un renforcement des anomalies au-delà de 200 mètres de profondeur, ce qui ouvre la perspective d’un potentiel plus important en subsurface.
Au-delà de la performance technique, l’enjeu est stratégique. L’antimoine est classé comme minéral critique par plusieurs grandes économies en raison de son rôle clé dans les retardateurs de flamme, les batteries au plomb, certains alliages spécialisés et des applications liées aux semi-conducteurs et à la défense. Or, la production mondiale reste concentrée entre un nombre restreint d’acteurs, ce qui accentue la sensibilité du marché dans un contexte de tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
Dans ce cadre, la confirmation d’un corridor minéralisé s’étendant sur environ 4 kilomètres change la dimension du projet. Sept nouvelles tranchées sont programmées pour tester les extensions latérales et les éventuels systèmes parallèles, avec une campagne de forage ciblée annoncée pour le deuxième trimestre 2026. Le passage à la phase de forage constituera l’étape décisive pour déterminer la continuité en profondeur, l’épaisseur réelle des veines et, à terme, la possibilité d’une estimation de ressources.
À ce stade, aucune ressource minérale n’a encore été déclarée et les largeurs vraies des intersections restent à confirmer. Mais la concordance entre observations de terrain, analyses de laboratoire et anomalies géophysiques suggère un système structuré à fort potentiel. Si les travaux prévus confirment l’ampleur du corridor et l’intensification des teneurs en profondeur, le projet Casablanca pourrait rapidement s’imposer comme l’un des dossiers d’antimoine les plus significatifs en Afrique du Nord, consolidant ainsi la place du Maroc dans la cartographie des métaux stratégiques.
