Home MarocAlors que tout flambe au grand dam des Marocains : A. Akhannouch assure qu’il n’y aura pas de hausse ni dans le gaz butane, ni dans l’électricité

Alors que tout flambe au grand dam des Marocains : A. Akhannouch assure qu’il n’y aura pas de hausse ni dans le gaz butane, ni dans l’électricité

by Perspectives Med
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Alors que tout flambe au grand dam des Marocains : A. Akhannouch assure qu’il n’y aura pas de hausse ni dans le gaz butane, ni dans l’électricité

Une occasion qui a permis au chef du gouvernement de s’afficher dans la petite lucarne pour annoncer aux administrés, lors du journal télévisé du soir sur Al Aoula, lundi 30 mars, qu’« il n’y aura pas de hausse des prix du gaz butane et de l’électricité. » Aziz Akhannouch a souligné que depuis le début du conflit en Iran, le 28 février, le prix du gaz sur le marché international a grimpé de 68 %. Assurant qu’en dépit de cette flambée, « le prix de la bonbonne de gaz restera inchangé au Maroc ». Plus, il a également indiqué que le gouvernement qu’il pilote surveille de près l’évolution des produits agricoles, sans toutefois annoncer de mesures spécifiques pour le moment. En revanche, il a précisé que des subventions seront accordées aux transporteurs de marchandises et de personnes. Les professionnels du secteur « recevront une aide mensuelle, à condition de maintenir les tarifs en vigueur avant le 28 février », a-t-il expliqué. Il a précisé que cette subvention couvrira la période du 15 mars au 15 avril. Si le conflit au Moyen-Orient se prolonge au-delà de cette date, l’exécutif se dit prêt à réévaluer la situation lors de la prochaine réunion du comité ministériel.

Un communiqué de la primature a par ailleurs indiqué que 87 000 demandes ont été déposées par les transporteurs pour bénéficier de ces aides. Pour rappel, le gouvernement avait décidé le 19 mars d’accorder une aide exceptionnelle au secteur, trois jours après l’augmentation des prix des carburants, avec une hausse de 1,44 dirham pour l’essence et de 2 dirhams pour le diesel. Cette mesure a suscité des critiques, notamment de la part du Parti Authenticité et Modernité (PAM), pourtant membre de la majorité gouvernementale. Le dernier communiqué de la primature précise que cette mesure vise à garantir un approvisionnement régulier et constant des marchés.

En attendant, les syndicats engagés dans la session d’avril du dialogue social intensifient leurs revendications. La Confédération démocratique du travail (CDT) appelle notamment à une augmentation générale des salaires et des retraites pour faire face à la flambée des prix. Plus, dans une lettre adressée au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la Confédération appelle à des mesures urgentes pour contenir la hausse et protéger le pouvoir d’achat des ménages ainsi que la compétitivité des entreprises.

Dans sa correspondance, le syndicat pointe des « dysfonctionnements structurels profonds » dans le secteur des hydrocarbures, liant directement la situation actuelle aux choix opérés depuis les années 1990, notamment la privatisation progressive du secteur et, surtout, la libéralisation des prix intervenue en 2015. Selon la centrale syndicale, la combinaison entre la fin de la compensation, l’ouverture totale du marché et l’absence d’un régulateur fort a fragilisé l’équilibre du secteur. Résultat : une forte sensibilité aux fluctuations internationales et une répercussion quasi immédiate des hausses sur le consommateur final.

La CDT souligne également les tensions récurrentes sur les stocks, évoquant des épisodes récents de rareté, notamment début 2026, qui interrogent sur la capacité du pays à sécuriser son approvisionnement énergétique dans un contexte géopolitique instable. Dans ce cadre, chaque hausse des cours internationaux – alimentée par les crises régionales et les perturbations logistiques – se traduit par une augmentation jugée « disproportionnée » sur le marché national, aggravant la facture énergétique des ménages et des professionnels.

Face à ce constat, le syndicat plaide pour un changement de cap en appelant au retour sur la libéralisation des prix, en réintroduisant des mécanismes de régulation permettant de mieux encadrer les marges et de protéger les consommateurs. Le syndicat propose plusieurs leviers : alléger la fiscalité sur les carburants, instaurer des dispositifs de soutien plus larges, mais aussi revoir l’organisation du secteur en séparant les activités de stockage et de distribution afin de clarifier les responsabilités et renforcer la transparence.

Autre revendication majeure : la relance du raffinage national, à travers la remise en activité de La Samir, raffinerie de Mohammedia dont les torches restent inactives depuis des années. Pour la CDT, cette option permettrait non seulement d’augmenter les capacités de stockage, mais aussi de capter davantage de valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux marchés extérieurs.

Au-delà du secteur énergétique, la centrale syndicale élargit le débat à l’ensemble du modèle économique, appelant à une revalorisation des salaires et des pensions pour amortir l’impact de l’inflation, ainsi qu’à une réforme du secteur du transport afin de limiter les effets de contagion des prix des carburants sur le coût de la vie.

Le Conseil de la concurrence avait annoncé, le 27 mars, sa décision de renforcer ses mécanismes de surveillance des modalités de transmission au marché national des variations des prix internationaux des produits pétroliers et de leurs dérivés. Pour l’heure, seule la surchauffe des tarifs a eu lieu…

Après la hausse déjà enregistrée à la mi-mars, le gasoil et l’essence Super Sans Plomb connaîtront un nouveau renchérissement. Selon les données disponibles, le litre de gasoil devrait augmenter de 1,70 dirham, tandis que celui de l’essence progressera de 1,57 dirham.

Cette évolution s’inscrit dans la continuité d’une dynamique haussière alimentée par les incertitudes géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ainsi que par les perturbations affectant le marché pétrolier mondial. Dans un système indexé sur les cours internationaux des produits raffinés, ces fluctuations se répercutent rapidement sur les prix pratiqués au niveau national.

Concrètement, le prix du gasoil, qui avoisinait 12,80 dirhams après la dernière révision du 16 mars, devrait désormais se rapprocher de 14,50 dirhams le litre. L’essence Super Sans Plomb, quant à elle, passerait d’environ 13,93 dirhams à près de 15,50 dirhams, avec des variations possibles selon les distributeurs.

Cette nouvelle hausse suscite déjà des inquiétudes du côté des associations de consommateurs. Celles-ci alertent sur l’impact direct de ces augmentations sur le pouvoir d’achat des ménages, appelant les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et à mettre en place des mesures d’atténuation.

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