Home MondeL’Afghanistan sans gouvernement : Abdul Qayyum Zakir propulsé ministre de la Défense

L’Afghanistan sans gouvernement : Abdul Qayyum Zakir propulsé ministre de la Défense

by Perspectives Med
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Le ministre taliba de la Défense avait été capturé par l’armée américaine lors de leur intervention en Afghanistan en 2001. Le Pentagone n’a pour l’heure pas commenté cette information.
A.Zakir a été placé en détention dans la célèbre prison US de Guantanamo. Il a ensuite été transféré en Afghanistan en 2007, cette fois détenu dans une prison de Kaboul gérée par le gouvernement afghan de l’époque.Il en a été libéré deux ans plus tard, une décision toujours incomprise à l’heure actuelle compte tenu de son profil.
«Il fait partie de ceux qui n’auraient jamais dû être libérés de Guantanamo», a assuré Bill Rogio, spécialiste du mouvement taliban,auNew York Times.
Sans surprise, A.Zakir a rapidement retrouvé un rôle de chef militaire, d’abord dans la province d’Helmand, dans le sud-ouest du pays, puis pour l’ensemble du mouvement taliban.
En 2014, le Wall Street Journal a toutefois rapporté qu’il a quitté ses fonctions de commandant en raison de tensions entre lui et d’autres chefs.Il a vraisemblablement gardé une large influence auprès des dirigeants du mouvement, car placé à la tête des troupes qui ont investi le palais présidentiel à Kaboul ce mois-ci, d’après le site d’informations Alarby.
A.Zakir est également un opposant historique aux accords de paix entre les talibans et le gouvernement afghan jusqu’à leur reprise du pouvoir.
D’après Reuters, les dirigeants taliban ont commencé les discussions visant à former un nouveau gouvernement, qu’ils promettent plus«inclusif», avec «des personnes hautement compétentes et instruites». Ils ont par ailleurs assuré l’amnistie générale pour les membres de l’ancien gouvernement ainsi que ceux qui ont travaillé pour les Occidentaux.
Retrait précipité
Confronté à un ultimatum des Taliban, Joe Biden a confirmé mardi 24 août la date butoir du 31 août pour terminer la « mission » de l’armée américaine en Afghanistan.
Lors d’un sommet virtuel avec ses homologues du G7, le président des États-Unis a donc opposé une fin de non-recevoir aux alliés de Washington qui plaidaient avec insistance pour une prolongation de la présence militaire US, afin de laisser plus de temps aux exfiltrations d’Afghans jugés à risque dans leur propre pays depuis la prise du pouvoir par les talibans.
« Nous sommes actuellement sur la voie de terminer d’ici le 31 août » la « mission » visant à « évacuer les gens aussi efficacement et sûrement que possible », a-t-il déclaré lors d’une allocution retardée à plusieurs reprises.
Le 46e président des États-Unis avait lui-même fixé cette date du 31 août pour le retrait total des forces étrangères, après avoir dans un premier temps évoqué l’échéance fortement symbolique du 11 septembre, vingtième anniversaire des attentats de 2001 à New York et Washington.
Pour justifier son maintien après avoir été pris au dépourvu par la victoire éclair des Taliban sur l’armée gouvernementale à la faveur de ce retrait américain, il a invoqué mardi le « risque grave et croissant d’une attaque » de Daech.
« Chaque jour d’opérations apporte un risque supplémentaire pour nos troupes » de la part de cette organisation… »,a-t-il martelé.
Le dirigeant démocrate a fait valoir que Washington avait déjà contribué à l’évacuation de 70.700 personnes — dont 4.000 ressortissants américains — depuis la mise en place du pont aérien le 14 août, veille de l’entrée des talibans dans Kaboul et de leur prise du pouvoir.
Lors d’une conférence de presse, Zabihullah Mujahid, porte-parole des Taliban, a sermonné les Occidentaux, accusé de vider le pays de ses forces vives en évacuant les Afghans qui ont travaillé avec eux, souvent parmi les plus qualifiés.
Les Occidentaux « ont des avions, ils ont l’aéroport, ils devraient emmener leurs ressortissants (…) hors d’ici »,a-t-il déclaré. Mais « ils ne devraient pas encourager les Afghans à fuir l’Afghanistan » ni emmener avec eux des Afghans qualifiés, ingénieurs ou autres.« Nous leur demandons d’arrêter cela (…) Ce pays a besoin de son expertise »,a-t-il insisté.

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