Le rapport consacré aux SEGMA, joint au projet de Loi de Finances n°60.26 pour l’année budgétaire 2027, présente ces services comme un levier essentiel de la gestion budgétaire publique. Leur autonomie financière repose sur la mobilisation de recettes propres, issues des prestations rendues aux usagers. Elle leur donne, souligne le document, une plus grande réactivité et une gestion de proximité, en particulier dans les domaines de l’enseignement et de la santé. Le rapport, résumé par la Direction du Budget du ministère de l’Économie et des Finances, s’articule en trois volets : l’évolution du nombre de SEGMA en 2026, le bilan financier de 2025 comparé à celui de 2024, puis les réalisations physiques de 2025 et les plans d’action de 2026 et de 2027.
Sur le plan des effectifs, les SEGMA s’établissent à 161 en 2026, contre 171 l’année précédente. Cette baisse découle de la suppression de onze services et de la création d’un seul, le « Service de la logistique et du matériel d’Errachidia », rattaché au ministère de l’Équipement et de l’Eau. Les suppressions touchent notamment le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie, le Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca, la Direction du médicament et de la pharmacie et le Service de logistique et de matériel de Meknès. Elles concernent aussi plusieurs centres hospitaliers, régional à Tanger, provinciaux à Al Hoceima, Tétouan, Larache, Chefchaouen et Ouezzane, et préfectoral à M’diq-Fnideq. Trois autres SEGMA ont par ailleurs changé de dénomination. Le Centre de publication et de documentation judiciaire de la cour de cassation, relevant du ministère de la Justice, devient le « Centre de publication de l’information juridique ». Le Service de la formation continue du ministère de l’Équipement et de l’Eau se nomme désormais « Centre d’accueil et de conférences ». Le Centre de qualification professionnelle hôtelière et touristique de Touarga, à Rabat, devient l’« Institut spécialisé de technologie appliquée hôtelière et touristique de Touarga – Rabat », au sein du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire.
Les 161 SEGMA inscrits à la loi de finances 2026 se répartissent en huit domaines d’intervention, calqués sur les grandes fonctions de l’État. La santé en regroupe 81, devant l’enseignement, la formation professionnelle et la formation des cadres, qui en compte 45. Viennent ensuite l’équipement, le transport et les autres infrastructures économiques (16 services), les autorités publiques et services généraux (9), les activités récréatives (4), les autres activités sociales (3), l’agriculture et la pêche maritime (2) et les autres activités économiques (un seul service). Cette ventilation consacre la prédominance des SEGMA à caractère social, qui représentent 80,2 % du total, soit 129 services sur 161.
Côté finances, le bilan de 2025 fait ressortir des recettes globales d’environ 7 769,28 MDH, pour des prévisions de 6 725,54 MDH, soit un taux de réalisation de 115,52 %. La performance la plus marquée concerne les recettes propres, qui ont atteint 3 025,31 MDH contre 1 665,99 MDH de prévisions actualisées, soit un taux de réalisation de 181,59 %. Le rapport relève aussi que les dotations d’équilibre versées par le budget général à certains SEGMA ont grimpé à 427,77 MDH en 2025, contre 356,46 MDH un an plus tôt, soit une hausse de l’ordre de 20 %. Le document précise que le montant global des recettes propres dépasse celui des dépenses totales. Le recours aux subventions s’explique, selon lui, par l’insuffisance des recettes propres de certains services pour couvrir l’intégralité de leurs dépenses. Quant aux excédents d’exploitation et d’investissement à fin 2024, reportés en complément des crédits de 2025, ils s’élèvent à 4 316,18 MDH, contre 3 857,41 MDH à fin 2023, soit une progression de 11,89 %.
Du côté des dépenses, les émissions de 2025 se sont chiffrées à 2 882,22 MDH, pour des crédits ouverts de 6 468,86 MDH, soit un taux d’émission global de 44,56 %. Les dépenses d’exploitation émises atteignent 2 479,64 MDH, tandis que celles d’investissement s’établissent à environ 402,58 MDH. Le taux de couverture des dépenses par les recettes propres ressort ainsi à 104,96 % en 2025, contre 103,81 % en 2024, soit un gain de 1,15 point. Le rapport y voit la traduction d’une trajectoire vers une autonomie financière mieux maîtrisée.
La troisième partie du rapport s’attache aux réalisations physiques, mesurées à partir d’indicateurs de production ou d’activité, afin d’apprécier la qualité des prestations offertes aux usagers. Dans la santé, les hôpitaux publics ont poursuivi les missions de supervision et de suivi des plans d’amélioration des établissements ayant fait l’objet d’inspections, lesquelles ont porté sur 50 établissements. Les efforts ont également visé les prestations de la médecine légale, la gestion des morgues, ainsi que le renforcement du système de réponse aux urgences pré-hospitalières et aux situations de catastrophe. En 2027, cette dynamique doit se poursuivre afin de rendre l’offre hospitalière accessible, disponible et globale, avec des soins sûrs et de qualité, et de remédier aux dysfonctionnements de l’hôpital public. Le rapport cite notamment l’évaluation de la performance des établissements et la communication des résultats aux directions régionales.
Dans l’enseignement, la formation professionnelle et la formation des cadres, les réalisations ont porté sur la qualité de la formation dispensée aux étudiants. Elles ont notamment consisté à mettre en œuvre les feuilles de route de formation élaborées dans le cadre de la stratégie nationale de création d’emploi, à diversifier les filières en tenant compte de l’approche genre, et à améliorer les conditions d’accueil des élèves et des usagers par l’entretien et le nettoyage des locaux. Pour 2027, les actions prévues misent sur la diversification de l’offre de formation, l’élargissement des partenariats, de la coopération et de la recherche scientifique, ainsi que l’acquisition de matériel pédagogique destiné à cette recherche.
Les SEGMA de l’équipement, du transport et des autres infrastructures économiques ont, sur 2025-2026, œuvré à la pérennité de la circulation sur le réseau routier. Ils ont notamment ausculté plus de 31 700 km de routes et développé le Système d’Information Routière (SIR) ainsi que le Système de Gestion du Relevé Visuel (SGRV). Ils ont aussi amélioré le contrôle des travaux routiers, aménagé des pistes rurales et entretenu les accotements. Pour 2027, les priorités annoncées sont la modernisation du système d’auscultation routière, le développement de la recherche technique et de l’innovation dans l’infrastructure routière, le renforcement du dispositif de suivi et de surveillance du trafic maritime et l’amélioration de la gouvernance du secteur de la météorologie.

