Selon le « Rapport sur la compensation », joint par le ministère de l’Économie et des Finances au projet de loi de finances 2027, le montant total des aides mobilisées au profit des professionnels du transport routier s’est élevé à 2,488 milliards de dirhams sur la période allant de janvier à septembre 2026. Le rapport rappelle que le précédent gouvernement avait réactivé le mécanisme de soutien exceptionnel en faveur des professionnels du transport routier afin de faire face à la forte augmentation des prix du gasoil.
Le gouvernement d’Aziz Akhannouch avait versé cette aide par tranches, la dernière ayant été débloquée au début du mois d’octobre. Le montant de l’aide accordée avait alors été revu à la hausse. Sous l’effet des augmentations successives des prix des carburants, le litre de gasoil a dépassé les 16 Dh dans certaines stations-service.
Le rapport revient également sur le contexte international ayant contribué à la hausse des prix des carburants. L’année en cours a été marquée par « un contexte international particulièrement tendu, caractérisé par la persistance des incertitudes géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ainsi que par les perturbations affectant les principales voies d’approvisionnement énergétique », souligne le document.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante des hydrocarbures commercialisés dans le monde, ont accentué les risques pesant sur la sécurité des approvisionnements et entraîné une hausse des coûts de transport et d’assurance. « Ces évolutions se sont traduites par de fortes fluctuations sur les marchés de l’énergie et par des pressions croissantes sur les prix internationaux des produits pétroliers », ajoute le rapport.
Dans ce contexte, les cours internationaux des produits énergétiques ont globalement suivi une tendance haussière entre janvier et août 2026. Le prix moyen du pétrole brut Brent a ainsi atteint environ 91 dollars le baril, contre 71 dollars durant la même période de l’année précédente, soit une augmentation de 27,2 %. Le rapport sur la compensation précise que les cours ont évolué dans une large fourchette, comprise entre 60 et 120 dollars le baril, illustrant l’ampleur des fluctuations qui ont marqué le marché pétrolier durant cette période.
Pour faire face aux répercussions des fluctuations des prix du pétrole et du gaz, le précédent gouvernement avait pris plusieurs mesures visant à garantir l’approvisionnement du marché national en produits énergétiques. Celles-ci portaient notamment sur l’anticipation des besoins en produits pétroliers, la diversification des sources d’approvisionnement et l’amélioration des conditions d’achat.
Parallèlement, des ressources financières supplémentaires ont été mobilisées afin d’atténuer les effets de la hausse des prix internationaux des matières premières, notamment le renchérissement du coût de la subvention du gaz butane et la réactivation du soutien destiné au secteur du transport routier.
À ce titre, le budget a été renforcé par l’ouverture de crédits supplémentaires de 8 milliards de dirhams au titre du soutien aux prix. Le montant total des crédits ouverts au titre de la compensation a ainsi été porté à 21,77 milliards de dirhams, selon le rapport.

