Au terme des six premiers mois de l’année, le FEC a engagé 2.270 MDH au profit de 23 collectivités territoriales, pour 28 projets couvrant neuf secteurs d’intervention. Cette progression intervient dans un environnement marqué par l’intensification des investissements territoriaux et par la mise en œuvre de programmes consacrés à la mobilité urbaine et interurbaine.
Le mouvement est particulièrement visible dans la ventilation sectorielle. Les engagements consacrés au transport urbain ont atteint 1,264 milliard de dirhams, contre seulement 80 MDH un an auparavant. Leur poids dans le portefeuille d’engagements est ainsi passé de 5,1% au premier semestre 2025 à près de 56% à fin juin 2026. Le FEC explique cette évolution par le financement de programmes régionaux liés à la mise en œuvre du nouveau modèle de gestion déléguée du transport par autobus en milieu urbain et interurbain, avec notamment la modernisation des flottes et l’amélioration de la qualité des services.
Cette concentration des nouveaux engagements autour de la mobilité ne signifie pas pour autant un recul des autres composantes de l’investissement territorial. Les infrastructures routières ont mobilisé 423 MDH, soit 18,6% du total, tandis que les aménagements urbains ont représenté 365 MDH, soit 16%. Au total, ces trois secteurs ont absorbé plus de 90% des prêts engagés au cours du semestre.
Une autre lecture du semestre ressort des décaissements, qui donnent une image plus directe de la concrétisation des financements. Leur montant a atteint 1,413 milliard de dirhams, contre 900 MDH au premier semestre 2025. Ces ressources ont permis au FEC de participer au financement de 49 projets au profit de 27 collectivités territoriales, couvrant huit secteurs. Les opérations concernent notamment des programmes de développement urbain et régional, le Programme de Réduction des Disparités Territoriales et Sociales ainsi que les investissements consacrés à la mobilité.
La structure des décaissements révèle toutefois une hiérarchie différente de celle observée au niveau des engagements. Les aménagements urbains arrivent en tête avec 528 MDH, soit 37% du total. Ils sont suivis par les infrastructures routières, avec 458 MDH et une part de 32%, puis par le transport urbain, avec 264 millions de dirhams, soit 19%. Ces trois postes représentent ainsi plus de 88% des décaissements réalisés au premier semestre. Cette répartition traduit la diversité des investissements accompagnés par le FEC. Les financements consacrés aux aménagements urbains portent notamment sur les voiries et places publiques, la mise à niveau des infrastructures de base et la restructuration de quartiers sous-équipés. Les concours destinés au réseau routier concernent, de leur côté, la construction de liaisons et d’ouvrages d’art, notamment dans le cadre du PRDTS, ainsi que l’aménagement de voies rapides destinées à fluidifier la circulation dans les grandes agglomérations. Le volet transport accompagne, pour sa part, le nouveau modèle de gestion déléguée du transport par autobus.
Le poids des Conseils Régionaux confirme également le rôle croissant de l’échelon régional dans la programmation des investissements. Ils ont concentré 1,878 milliard de dirhams, soit près de 83% des engagements du semestre. Les Conseils Communaux ont représenté environ 15%, avec 338 MDH, tandis que les Conseils Préfectoraux et Provinciaux ont bénéficié de 54 MDH, soit 2%.
Sur le plan financier, cette forte progression de l’activité de crédit ne s’est pas traduite par une hausse du produit net bancaire. Celui-ci s’est établi à 326 MDH, quasiment au même niveau que les 328 MDH enregistrés un an auparavant. Le FEC explique cette stabilité par l’effet de la baisse des taux appliqués aux prêts accordés aux collectivités territoriales, partiellement compensé par l’augmentation des volumes financés. Les produits d’exploitation bancaire ont ainsi reculé de 5%, à 704 MDH, tandis que les charges d’exploitation bancaire ont diminué de 8%, à 378 MDH.
L’amélioration du coût des ressources a joué un rôle dans cet équilibre. Le coût moyen du stock des ressources est passé de 3,5% à fin juin 2025 à 3,2% un an plus tard, tandis que les charges d’exploitation bancaire ont diminué de 8%. Le FEC attribue notamment cette évolution à l’optimisation de la mobilisation des ressources, au recours aux financements auprès des institutions financières de développement et aux opérations de reengineering de la dette.
La qualité du portefeuille constitue un autre élément marquant du semestre. Les créances en souffrance ont chuté de 149 à 30 MDH en un an, soit une baisse de 80%. Leur taux rapporté aux engagements est ainsi passé de 0,56% à 0,11%. Le FEC attribue cette évolution à sa gestion du risque de contrepartie et aux efforts de recouvrement.
Le bilan reste dominé par l’activité de financement des collectivités territoriales. Les créances sur la clientèle ont atteint 27,2 milliards de dirhams à fin juin 2026, en progression de 2,8% sur un an et représentant 96% du total bilan. Les capitaux propres et assimilés se sont, pour leur part, établis à près de 6,9 milliards de dirhams.
Cette montée en puissance de l’activité intervient alors que le FEC poursuit la diversification de ses ressources. Le financement international occupe une place croissante dans cette stratégie. En juillet 2026, la Banque Africaine de Développement a signé avec le FEC un deuxième accord de financement, d’un montant de 150 millions d’euros, après un premier accord de 100 millions d’euros conclu en mars 2024. La nouvelle ligne doit soutenir les programmes de développement et les projets d’investissement des collectivités territoriales. Elle est assortie d’un accord de don, d’une lettre d’intention et d’une assistance technique destinée à renforcer les capacités opérationnelles du FEC.
Le modèle de financement du FEC reste particulier, l’établissement ne disposant pas de dépôts de clientèle. Ses ressources reposent notamment sur les recouvrements d’annuités, qui ont représenté 74% de ses ressources au premier semestre, ainsi que sur ses emprunts et ses partenariats avec les institutions financières de développement. Dans ce cadre, le FEC indique être engagé dans des discussions avancées avec d’autres bailleurs internationaux afin de renforcer et diversifier ses ressources.

