L’Indice mondial de la faim est publié conjointement par Concern Worldwide, Welthungerhilfe et l’Institut de droit international de la paix et des conflits armés. Il vise à mesurer la faim et à en suivre les tendances de manière globale, tout en encourageant les efforts destinés à la réduire à travers le monde. Le classement porte sur 122 pays pour lesquels des données suffisantes étaient disponibles afin de calculer les scores de l’indice et d’établir les positions. Il n’inclut pas un certain nombre de pays développés, notamment les pays d’Europe occidentale, les États-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie.
Le score du Maroc s’est progressivement amélioré par rapport aux années précédentes. Il s’établissait à environ 15,7 points en 2000 et 16,4 points en 2006, avant de reculer à 9,4 points en 2012 puis à 8,2 points en 2018, pour atteindre 9,0 points dans le rapport 2026, soit une légère hausse de moins d’un point par rapport à 2018.
L’indice est calculé à partir de quatre principaux sous-indicateurs reflétant les multiples dimensions de la sous-alimentation. Les données montrent que 6,5 % de la population marocaine est sous-alimentée, tandis que 13,7 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance par rapport à leur âge. Par ailleurs, 1,6 % des enfants meurent avant d’atteindre l’âge de cinq ans, et 2,7 % des moins de cinq ans souffrent d’émaciation, c’est-à-dire d’un poids insuffisant par rapport à leur taille.
Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le Maroc occupe la huitième place, derrière les Émirats arabes unis, la Turquie, le Koweït, la Tunisie, l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Algérie, respectivement. Dans son analyse des défis liés à la sécurité alimentaire dans la région, le rapport met en évidence le dilemme posé par les schémas du commerce alimentaire. De nombreux pays d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord exportent des fruits et légumes, de l’huile d’olive, des dattes ainsi que des produits alimentaires transformés, tout en dépendant des importations de produits de base comme le blé, le maïs, les huiles végétales, le sucre et les aliments pour animaux.
Le rapport spécifie que « le Maroc et la Jordanie illustrent ce dilemme : malgré leurs exportations de produits agricoles à forte valeur ajoutée, notamment les tomates, les agrumes, les courges, les concombres, les aubergines, les abricots et les fruits rouges, les deux pays restent fortement dépendants des importations de céréales. » Il établit également un lien entre la dégradation de la sécurité alimentaire mondiale depuis 2018 et une succession de crises majeures, notamment la pandémie de Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne, avant que la guerre américano-israélo-iranienne n’ajoute de nouvelles pressions. Comme il explique, enfin, que les perturbations des chaînes d’approvisionnement et du commerce international durant ces crises ont contribué à la hausse des prix alimentaires, ainsi qu’à l’augmentation des coûts de l’énergie, des intrants agricoles, de la production et du transport, accentuant la pression sur les systèmes alimentaires et les ménages à travers le monde.

