Les combattants houthis ont crée la surprise en bouclant les zones de Bab El Mandeb contrôlées par les forces d’Aden appuyées par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Plus, les forces de Sanaa ont réussi à mener à termes de multiples offensives sur le sol yéménite en dépit de la puissance de feu théorique des bataillons adverses. Ces succès militaires ont poussé Riyad à se tourner vers ses alliés stratégiques, la Turquie et le Pakistan en l’occurrence, pour assurer ses arrières. Plus, des informations font valoir que des « mercenaires » venus de Syrie devraient être lancés dans la bataille.
Si la Turquie assure ne pas vouloir intervenir dans le conflit entre Sanaa et Riyad, le Pakistan assure, lui, disposer d’un « nombre substantiel » de forces armées déployées en Arabie saoudite dans une optique défensive, a déclaré vendredi le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères. « Depuis le Pakistan, nous avons déjà un nombre substantiel de forces, ainsi que des ressources déployées en ville, à Riyad », a déclaré aux journalistes Sajjad Haider Khan. Ce porte-parole du ministère des Affaires étrangères a ajouté que le personnel militaire pakistanais présent en Arabie saoudite « ne franchirait pas les frontières de l’autre côté pour mener une attaque contre les Houthis, mais qu’il est bien sûr engagé dans la défense du territoire », selon l’AFP.
En riposte aux dizaines de raids aériens meurtriers, les forces yéménites de Sanaa ont lancé des frappes aériennes massives contre l’Arabie saoudite, notamment des attaques contre l’aéroport international de Riyad jeudi, qui ont fait trois morts.
Le Pakistan a signé en août un pacte de défense avec l’Arabie saoudite et la Turquie, engageant les trois pays à se porter mutuellement assistance en cas d’attaque contre l’un d’entre eux.
La veille jeudi, Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères, avait assuré qu’il s’agit d’un accord de défense. « Si un pays signataire de cet accord est attaqué, vous le soutiendrez pour assurer sa défense. Ce n’est pas un accord offensif », a-t-il déclaré assurant que son pays « n’enverrait pas ses troupes sur le territoire d’un autre pays pour lancer une attaque ».
Refusant de dire si de nouvelles mobilisations étaient en cours, le chef de la diplomatie turque, ancien patron des services spéciaux dans une autre vie, a indiqué que les forces pakistanaises étaient déployées régulièrement en Arabie saoudite depuis les années 1980, notamment après la signature d’un accord bilatéral entre Islamabad et Riyad en 2025. Il a ajouté qu’il appartiendrait « à l’organisation et à l’alliance, dans leurs quartiers généraux, de décider (…) quand et où » les forces seraient déployées ainsi que leur nombre.

