Interrogé jeudi à Athènes sur ces allégations, Marco Rubio, secrétaire d’État, a botté en touche. « Je ne vais pas commenter une histoire qui a littéralement été publiée il y a quelques heures », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, selon un journaliste de l’AFP qui suit sa tournée européenne passant également par l’Islande et le Portugal.
Selon le Wall Street Journal, captures d’écran à l’appui, K. Guilfoyle a échangé durant des mois avec Eric Deters, juriste et ancien candidat au Congrès pour l’État du Kentucky, qui cherchait une intervention de l’administration US afin de résoudre ses problèmes avec le fisc. Depuis 2020, ce riche donateur républicain a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et en soutien au camp du candidat vainqueur de la présidentielle 2024.
Mais la demande de juillet 2025 de K. Guilfoyle semble être plus personnelle, elle consistait à régulariser la balance de sa carte de crédit : « Chéri, j’ai besoin que tu me fasses cela aujourd’hui », a-t-elle écrit. E. Deters n’a pas donné suite, assurant que cela mettrait en péril son mariage, selon le Wall Street Journal qui précise qu’un avocat de l’ambassadrice a contesté l’authenticité des messages publiés, sans autres détails.
La presse américaine s’est fait l’écho ces derniers jours d’autres possibles conflits d’intérêts impliquant K.Guilfoyle, ancienne procureure et animatrice de plateau de Fox News et également ex-épouse de Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie.
Elections sans l’OSCE
A signaler aussi que l’administration américaine a décidé de ne pas inviter de mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à observer les élections de mi-mandat du 3 novembre. Depuis 2002, l’organisation avait suivi douze scrutins fédéraux américains, dont six élections de mi-mandat. Ses représentants avaient notamment été accueillis en 2018, sous la première présidence de Donald Trump. Ces missions examinent le déroulement des élections et publient leurs conclusions, sans pouvoir intervenir dans les opérations de vote ni annuler les résultats.
Le département d’État justifie ce refus en estimant que l’OSCE devrait consacrer ses ressources limitées aux élections où son action serait la plus utile. L’organisation a toutefois qualifié cette décision de « regrettable » et estimé qu’elle ne respectait pas les engagements de Washington. Parallèlement, les États-Unis envisagent de déployer environ 1 000 observateurs du ministère de la Justice dans les bureaux de vote. Cette initiative suscite des inquiétudes concernant les droits des électeurs, alors que la mission internationale de l’OSCE n’a pas été invitée. Ce refus met en lumière un changement de position américain.
En 2024, le département d’État critiquait la Russie pour une coopération avec l’OSCE qu’il jugeait insuffisante, tout en défendant l’impartialité de ses observateurs. Deux ans plus tard, Washington renonce lui-même à les inviter à ses élections fédérales.
Cette décision intervient à moins d’un mois d’élections décisives pour le contrôle du Congrès. Le 3 novembre, les Américains renouvelleront les 435 sièges de la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Les républicains risquent de perdre leur majorité dans une ou dans les deux chambres. Les intentions de vote nationales placent actuellement les démocrates en tête, avec 51,3 % contre 41,6 % pour les républicains. Les projections électorales leur attribuent également 93 % de chances de remporter la Chambre des représentants et 74 % de conquérir le Sénat. Ces estimations restent néanmoins susceptibles d’évoluer avant le vote. Une victoire démocrate pourrait réduire considérablement la marge de manœuvre de Donald Trump. Le président américain serait alors contraint de composer avec une opposition renforcée au Congrès pour faire adopter une partie de son programme.
La campagne se déroule également dans un contexte de forte opposition à la guerre contre l’Iran. Selon les sondages, 60 % des Américains désapprouvent le conflit, contre 32,1 % qui le soutiennent. Les préoccupations économiques, notamment le niveau élevé des prix des carburants, s’ajoutent aux difficultés rencontrées par l’administration américaine. Malgré l’impopularité du conflit, Washington étudie la possibilité de nouvelles opérations militaires d’envergure contre l’Iran, éventuellement avant les élections du 3 novembre. Plusieurs scénarios seraient envisagés, sans qu’aucune décision définitive ait été prise. À l’approche du scrutin, D. Trump doit ainsi faire face à une possible perte de contrôle du Congrès, tandis que les perspectives d’une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient entretiennent les incertitudes sur la politique américaine.

