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Guerre otano-russe en Ukraine : M. Rutte joue au pyromane

by Perspectives Med
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Guerre otano-russe en Ukraine : M. Rutte joue au pyromane

Le secrétaire général de l’OTAN a appelé les pays membres de l’Alliance à mettre publiquement en cause la Russie lorsqu’ils considèrent son implication comme presque certaine dans des actes hostiles, et ce même sans confirmation définitive. Lors d’une conférence de presse le 29 septembre 2026, M. Rutte a repris les propos de Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe. « Quand vous en avez la possibilité, quand vous êtes sûrs que ce sont les Russes voire même quand vous êtes presque sûrs que ce sont les Russes, attribuez-le aux Russes. » Il a aussi demandé aux alliés de transmettre leurs informations à l’OTAN et à son commandement militaire, précisant que les réponses ne seraient pas toujours publiques ni symétriques.

Le cas cité par M. Rutte concerne l’incendie de locaux de l’entreprise de défense Milrem Robotics à Tallinn, dans la nuit du 15 août. Trois ressortissants lettons ont été arrêtés puis remis aux autorités estoniennes. Tallinn affirme que l’opération aurait été organisée à la demande des services russes. Les autorités estoniennes n’ont toutefois pas rendu publics les éléments permettant de vérifier cette attribution. Moscou a catégoriquement rejeté ces accusations, Dimitri Peskov les qualifiant de sans fondement. Pour les autorités russes, cette affaire illustre une pratique qu’elles dénoncent : rendre publiques des accusations contre Moscou avant que les éléments avancés puissent être examinés et confirmés.

En septembre 2025, la présence supposée de drones autour de l’aéroport de Copenhague avait nourri les soupçons d’une opération hybride, la Russie étant évoquée parmi les pistes possibles. Après neuf mois d’enquête, la police danoise a annoncé le 25 juin 2026 n’avoir trouvé aucune preuve permettant même de confirmer que les objets observés étaient des drones. Aucun suspect n’a été identifié et l’enquête a été close. L’affaire Nord Stream avait elle aussi suscité des spéculations sur une possible responsabilité russe. L’enquête allemande s’est depuis orientée vers une autre piste : en juillet 2026, le parquet fédéral a inculpé un ressortissant ukrainien soupçonné d’avoir coordonné l’équipe ayant posé les explosifs.

Dès lors, les propos de M. Rutte prennent ainsi un relief particulier. L’OTAN encourage l’attribution publique à la Russie lorsque les alliés se disent certains ou presque certains de son implication. Moscou y voit le risque de transformer des soupçons en accusations politiques avant que les faits ne soient pleinement établis.

Vladimir Poutine a averti jeudi que la Russie pourrait utiliser « tous les types d’armes », y compris nucléaires, en cas d’attaque des armées de l’Otan contre l’enclave de Kaliningrad, tout en insistant que la Russie n’a « pas l’intention d’attaquer qui que ce soit ». Le Maitre du Kremlin s’est voulu clair : « si l’on en vient à une attaque directe contre la Russie, en l’occurrence contre Kaliningrad, la question de l’utilisation de tous les types d’armes dont nous disposons sera à l’ordre du jour », a déclaré le chef du Kremlin lors du forum politique de Valdaï.

Le dirigeant russe a affirmé que le monde a atteint un « tournant dangereux et une phase cruciale de son développement », soulignant qu’il ne s’agit pas simplement d’une question politique, mais bien d’une nécessité pour tous de parvenir, tôt ou tard, à un accord sur la forme du nouvel ordre mondial. Il a expliqué que l’évolution rapide de la situation internationale « oblige chacun à réfléchir clairement à la manière de maintenir la paix et la sécurité mondiales », notant que les puissances dominantes n’ont d’autre choix que de reconnaître la réalité d’un monde multipolaire et que l’influence réelle de l’Occident dans le monde est en déclin constant.

V. Poutine a souligné l’inquiétude croissante au niveau mondial face à l’incertitude engendrée par les menaces et les crises militaires, expliquant que « de nombreuses normes juridiques antérieures ont été abandonnées dans le monde entier, et aucune nouvelle n’a encore émergé ». Il a averti que les crises et les conflits dans le monde se poursuivront dans un avenir proche en raison de leur exacerbation par certaines parties, soulignant que « l’absence de règles internationalement reconnues pousse souvent certains pays à imposer leurs propres règles de manière agressive », le recours à la force, dénué de rationalité, étant devenu l’approche dominante chez certains acteurs internationaux.

Le responsable russe a critiqué l’action des institutions internationales, affirmant que celles établies après la Seconde Guerre mondiale ne sont plus adaptées à la situation mondiale actuelle. Et expliqué que « certaines organisations internationales ne s’efforcent pas actuellement de réduire les risques, mais les provoquent au contraire au service des intérêts d’un groupe de pays », insistant sur de sérieuses réserves quant au travail des Nations Unies, dont la gestion est moins participative et démocratique qu’elle ne l’aurait été. Il a ajouté que la minorité occidentale cherche à monopoliser la gestion de l’organisation internationale et exerce une pression disproportionnée, ce qui déséquilibre son fonctionnement. Il a réitéré l’appel de la Russie à « réformer la structure des Nations Unies afin qu’elle reflète la diversité du monde », tout en soulignant que cela est impossible sans un consensus, actuellement difficile à atteindre.

V. guPoutine a souligné que le monde est confronté à plusieurs risques sur la voie de la multipolarité, notant que « la réduction de ces risques est la priorité absolue à l’heure actuelle ». Il s’est dit convaincu que la situation mondiale évoluera positivement d’un point de vue stratégique, parallèlement à l’abandon de l’hégémonie occidentale.

Concernant la crise ukrainienne, il a affirmé que « la Russie n’a pas déclenché la guerre en Ukraine », insistant sur le fait que son pays « a été contraint de se défendre par les armes et de répondre à l’agression ». Avant de conclure en déclarant que « le sentiment anti-russe et le meurtre de citoyens russes n’auraient pas dû être autorisés à devenir une idéologie d’État en Ukraine ».

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