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Risques d’inondation : Urbanisation problématique à Tétouan

by Perspectives Med
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Risques d’inondation : Urbanisation problématique à Tétouan

L’expansion urbaine de Tétouan pourrait renforcer l’exposition de la ville aux inondations. C’est l’une des principales conclusions d’une étude scientifique consacrée à l’évaluation des risques hydrologiques dans la ville du nord du Maroc. Intitulée « Évaluation des risques d’inondations urbaines à des fins de planification urbaine à l’aide de la modélisation hydraulique bidimensionnelle : cas de la ville de Tétouan au Maroc », l’étude met en évidence l’impacmaroct de plusieurs facteurs sur la vulnérabilité du territoire.

La topographie de la région constitue notamment un élément déterminant. Les fortes pentes qui entourent Tétouan favorisent l’accélération et la concentration des eaux de ruissellement vers la plaine de Martil. Lors d’épisodes de fortes précipitations, ces volumes d’eau pourraient dépasser les capacités des réseaux actuels d’évacuation des eaux pluviales.

Pour évaluer l’exposition de la ville, le chercheur Salah Eddine Zahli a eu recours à une modélisation hydraulique bidimensionnelle réalisée avec le logiciel HEC-RAS, complétée par l’utilisation de l’outil ArcHydro pour traiter les données relatives au relief et aux réseaux hydrographiques. Deux scénarios de crue ont été étudiés : le premier correspond à un événement ayant une période de retour de 50 ans, tandis que le second concerne une crue centennale, avec une période de retour de 100 ans.

Les simulations font apparaître des différences importantes dans l’intensité des inondations selon les secteurs de la ville. Certaines zones urbaines sont identifiées comme particulièrement sensibles, avec des hauteurs d’eau pouvant approcher les deux mètres lors des épisodes de précipitations extrêmes. La vitesse d’écoulement pourrait également dépasser 2 mètres par seconde dans certains endroits. Un tel niveau traduit non seulement l’importance des volumes d’eau accumulés, mais aussi le danger que leur déplacement peut représenter pour les habitants, les biens et les infrastructures.

Selon l’étude, le risque d’inondation ne dépend pas uniquement de la quantité de pluie enregistrée. Il résulte de l’interaction de plusieurs facteurs, parmi lesquels la topographie, l’urbanisation, l’évolution de l’utilisation des sols et la perturbation des voies naturelles d’écoulement.

La capacité limitée des infrastructures dédiées à l’évacuation des eaux pluviales constitue également un élément aggravant. L’étude a ainsi permis d’élaborer plusieurs cartes et indicateurs permettant de mieux identifier les zones exposées, notamment à travers la profondeur des eaux, leur vitesse d’écoulement et un indice global de risque.

Pour le chercheur, ces données pourraient être intégrées aux politiques d’aménagement urbain afin de mieux encadrer l’expansion de Tétouan. Les cartes de risques pourraient notamment servir à orienter les futurs projets et infrastructures vers les secteurs les moins exposés et à éviter de nouvelles constructions dans les zones susceptibles d’être submergées.

Les résultats de la modélisation pourraient également contribuer à identifier les points nécessitant des interventions prioritaires sur les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et à renforcer les dispositifs de préparation face aux épisodes météorologiques extrêmes. L’étude préconise ainsi une approche globale qui ne se limite pas à augmenter les capacités des réseaux de drainage. La réduction du risque d’inondation à Tétouan passerait également par une meilleure maîtrise de l’urbanisation dans les secteurs vulnérables, la préservation des voies naturelles d’écoulement, l’amélioration des infrastructures hydrauliques et l’intégration systématique des cartes de risque dans les décisions d’aménagement.

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