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La France muscle sa défense : Avec une rallonge budgétaire de 36 milliards d’euros

by Perspectives Med
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La France muscle sa défense : Avec une rallonge budgétaire de 36 milliards d’euros

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a détaillé les priorités de l’exécutif, notamment en matière de politique étrangère, de souveraineté agricole et de soutien face à la hausse des carburants, sur fond de répercussions économiques et sécuritaires de la crise au Moyen-Orient. En introduction du compte-rendu, elle a salué « une bonne nouvelle » après l’annonce d’un cessez-le-feu au Moyen-Orient, appelant à « tout faire pour le mettre en œuvre ». Elle a insisté sur « la constance de la position française », articulée autour de trois axes : la sécurisation des emprises et intérêts français, le soutien aux partenaires de la France « dans une posture défensive », et les efforts destinés à accompagner la reprise du trafic maritime.

La porte-parole a également indiqué que le président Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement de poursuivre son appui aux secteurs économiques les plus exposés, citant les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs. Elle a en outre annoncé un travail sur des « mesures structurelles », notamment un « plan d’électrification » qui doit être présenté « dans les jours à venir », estimant que la crise avait mis en lumière « le prix de nos dépendances ».

Lors de ce même point presse, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a présenté le projet de loi d’urgence agricole, qu’elle a qualifié de texte de « solutions opérationnelles », élaboré « pour et avec les agriculteurs ». Elle a expliqué que ce projet repose sur trois piliers : simplifier le quotidien des exploitants, protéger les agriculteurs et leurs terres, et construire l’avenir en renforçant les débouchés. Parmi les mesures avancées, la ministre a dénoncé une « situation anormale de concurrence déloyale » permettant selon elle l’importation de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne, assurant que le texte interdira ce type d’importations et renforcera les contrôles. Elle a aussi défendu un assouplissement des règles sur le stockage de l’eau, en donnant davantage de marge d’adaptation, voire de dérogation, aux préfets. Selon elle, quelque 90 projets de stockage hydraulique pourraient ainsi être débloqués.

Sur l’élevage, A. Genevard a plaidé pour un régime plus simple et plus lisible afin de faciliter l’installation, l’agrandissement ou la modernisation des bâtiments, jugeant les procédures actuelles excessivement lourdes. Elle a ajouté que le texte devait aussi protéger les agriculteurs contre les recours abusifs, intensifier la lutte contre les vols dans les exploitations, renforcer la protection des élevages face aux loups et préparer un modèle sanitaire contre les maladies émergentes. La ministre a également affirmé que les cantines publiques devraient contenir des produits européens et français, qu’elle a décrits comme devant être « les vitrines du patriotisme alimentaire ».

Interrogée sur les pénuries, elle a évoqué un risque de « pénurie mondiale » d’œufs lié à la grippe aviaire, tout en saluant la politique française de vaccination massive et obligatoire dans les élevages avicoles.

C. Vautrin, ministre des Armées, a ensuite présenté l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, justifiée selon elle par un environnement stratégique qui « s’est considérablement durci ». Elle a assuré que cette actualisation ne remettait pas en cause la trajectoire existante, mais visait à aller « plus loin » sur le plan capacitaire et normatif, avec pour objectif de permettre aux forces armées françaises de faire face à « un engagement majeur » dans un horizon incertain. La ministre a défendu le renforcement des moyens consacrés aux munitions, aux drones, à la lutte antidrones, à la défense sol-air, à l’alerte avancée, à l’espace et à la préparation opérationnelle.

Elle a annoncé 36 milliards d’euros supplémentaires, portant le budget de la défense à 57,1 milliards d’euros en 2026, puis à 76,3 milliards en 2030. Elle a souligné qu’à l’horizon 2027, le budget de la défense aurait doublé par rapport à 2017, année où il s’élevait à 32 milliards d’euros.

  1. Vautrin a précisé que 8,5 milliards d’euros supplémentaires seraient consacrés aux munitions, pour un total de 26 milliards sur la période, tandis que 3,9 milliards d’euros additionnels iront au spatial militaire. Elle a également indiqué que 10.000 drones FPV avaient été commandés pour 2026 et que 5.000 devaient être livrés dès cette année. Concernant la lutte antidrones, elle a annoncé 1,6 milliard d’euros supplémentaires afin de financer une gamme de dispositifs allant du fusil brouilleur aux roquettes guidées laser.

La ministre a également confirmé une modernisation de la trame de chasse avec 3,5 milliards d’euros supplémentaires pour le Rafale, dont l’évolution vers le standard F5, ainsi que l’ajout de deux appareils destinés à compenser des pertes enregistrées à l’été 2025. Sur le plan naval, elle a reconnu qu’un débat demeurait sur le format de la flotte et la nécessité d’aller plus loin en matière de frégates, tout en rappelant qu’une cinquième frégate de défense et d’intervention devait être livrée en 2032.

Elle a aussi confirmé un travail sur un « char intermédiaire » pour combler les retards du programme franco-allemand MGCS, en vue de remplacer à terme les chars Leclerc dont la fin de vie est attendue à l’horizon 2040.

Sur le volet normatif, C. Vautrin a indiqué que le texte étendrait la possibilité d’imposer aux opérateurs économiques la constitution de stocks stratégiques, renforcerait le contrôle des coûts, simplifierait certaines procédures environnementales pour les projets du ministère des Armées, et introduirait de nouveaux outils pour renforcer la résilience nationale. Elle a encore évoqué la montée en puissance de la réserve opérationnelle, avec un objectif de 50.000 réservistes d’ici 2030, pour un format total de 330.000 personnels armés et civils.

Répondant enfin aux questions sur la flambée des carburants, M. Bregeon a affirmé que le gouvernement n’avait « aucunement » cherché à gagner du temps sur les annonces attendues, rappelant que l’exécutif avait déjà soutenu « prioritairement les secteurs les plus exposés ». Elle a toutefois estimé que l’évolution récente de la situation internationale devait être prise en compte dans l’élaboration d’éventuels nouveaux dispositifs de soutien. Selon elle, la priorité est désormais que les baisses observées sur les cours mondiaux soient répercutées « aussi vite que les hausses l’ont été » à la pompe. Elle a annoncé qu’une réunion se tiendrait jeudi à Bercy avec les distributeurs et les raffineurs pour s’en assurer.

La porte-parole a dit avoir entendu l’UFIP évoquer une baisse de 5 à 10 centimes dans les 48 prochaines heures dans les stations-service, tout en affichant sa prudence.

Interrogée sur le « plan de contrôle » évoqué par le Premier ministre, elle a indiqué que des vérifications seraient menées par la DGCCRF afin de s’assurer que la baisse du baril soit bien répercutée. Concernant une éventuelle taxation des compagnies pétrolières, M. Bregeon a indiqué que la France ne fermait « absolument pas la porte par principe », tout en soulignant que des réflexions étaient en cours à l’échelle de l’Union européenne.

 

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