L’Intérieur serre la vis. Les élus locaux sont désormais sommés de privilégier les dépenses obligatoires : salaires des fonctionnaires, éclairage public, eau, électricité, remboursement de la dette, exécution des jugements, propreté et transport public. La Direction des finances des collectivités locales relevant de l’Intérieur vient de rappeler aux élus communaux que l’ère des dépenses incontrôlées est révolue. Les projets de budgets pour l’année 2026 devront d’abord intégrer le règlement des arriérés financiers, y compris les indemnisations judiciaires chiffrées à plusieurs milliards de dirhams, avant tout lancement de nouvelles initiatives.
Les services centraux ont mis en garde contre la spirale des déficits locaux. Les recettes stagnent, les dettes s’accumulent et les engagements financiers pèsent lourdement. Certaines communes affichent même des niveaux records de créances non recouvrées, notamment en matière de taxes locales comme l’impôt sur les terrains non bâtis. Face à cette situation, les gouverneurs ont été chargés de passer au crible les projets de budgets communaux et d’exiger des explications précises sur les mécanismes prévus pour réduire le volume des recettes impayées.
Autre consigne du centre décisionnel d’importance a trait au rejet du financement des projets jugés « sans rentabilité » et qui engloutissent des budgets colossaux sans impact réel. Il est à noter que des rapports des services d’affaires intérieures ont fait remonter des cas de dérives et de laxisme dans la gestion.
Le ministère exige aussi que toutes les communes passent par la plateforme numérique GID pour préparer leurs budgets, en coordination avec le Trésor général du Royaume. Les walis et gouverneurs devront, de leur côté, transmettre la liste des communes en règle et de celles à la traîne. Le dispositif sera en outre relié à la plateforme PMO, conçue avec la Banque mondiale, pour un suivi plus strict de l’exécution des programmes de développement régional.
