Les plus concernées sont les grandes entreprises regroupées sous le nom « Affiliés 114 », rapporte Les Inspirations ECO. Jusqu’à présent, elles bénéficiaient d’un régime particulier, qui leur permettait de couvrir leurs salariés via des compagnies privées. Ces structures ne représentent que 1% des affiliés à la CNSS, mais versent 31 % des salaires déclarés. Leurs employés perçoivent en moyenne plus du double du salaire des autres assurés. Leur entrée dans le régime public pèsera donc lourd dans le financement global.
Les mutuelles ne disparaîtront pas. Les employeurs pourront les garder, mais en tant que couverture complémentaire. Ce choix aura un coût : ils devront cumuler les cotisations. Pour les salariés, la bascule ne sera pas neutre. Beaucoup bénéficiaient d’une prise en charge quasi totale de leurs frais de santé. À l’AMO, le remboursement tourne autour de 79%, sur la base d’une grille tarifaire souvent inférieure aux prix réels.
Le point fort de l’AMO reste sa couverture des maladies chroniques. En 2023, plus de la moitié des dépenses de santé y étaient consacrées. Le coût moyen d’un patient atteint d’une affection de longue durée dépassait les 15 000 dirhams. Le transfert des grandes entreprises vers ce régime pourrait alléger la pression financière.
Du côté des assureurs, on s’attend à une réorganisation. Ils devront adapter leur offre, miser sur la complémentaire santé et renforcer les liens avec la CNSS. L’idée d’un guichet unique numérique circule déjà pour simplifier les démarches.
Pour les salariés comme pour les employeurs, cette réforme met fin à une exception qui durait depuis des années. Et pour le Maroc, c’est une façon de remettre toutes les entreprises sous les mêmes règles.
