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Agriculture résiliente : Résultats contrastés pour le quinoa. En attendant le sorgho et le mil…

by Perspectives Med
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Agriculture résiliente : Résultats contrastés pour le quinoa. En attendant le sorgho et le mil...

Lancé pour accompagner les agriculteurs dans cette transition, Al Moutmir explore depuis trois campagnes agricoles (2022‑2023, 2023‑2024 et 2024‑2025) l’introduction du quinoa. Ce chantier se matérialise par 106 plateformes de démonstration installées sur 60 sites répartis dans 12 provinces : Azilal, Béni Mellal, Berrechid, El Jadida, Khénifra, Khouribga, Kénitra, Larache, Meknès, Ouezzane, Tanger‑Assilah et Youssoufia. L’objectif consiste à tester, affiner et promouvoir un programme intégré des cultures (ICP) spécifiquement conçu pour le quinoa.

Les plateformes mettent en œuvre des itinéraires techniques complets, incluant choix variétal, protocoles de fertilisation raisonnée et adoption de pratiques de gestion intégrée des maladies et ravageurs. L’introduction du quinoa au Maroc représente une innovation majeure, nécessitant agilité et innovation à chaque étape. Des essais variétaux, des machines de semis spécifiques et des protocoles sur mesure sont mobilisés pour garantir la réussite de cette culture.

Les premiers résultats au niveau national affichent un rendement moyen autour de 20 qx/ha sur l’ensemble des PFD, avec des différences significatives selon les zones. Dans plusieurs provinces, les rendements observés sur les parcelles de démonstration se situent entre 18 et 20 qx/ha, tandis que les témoins restent nettement en retrait. Ces tendances démontrent un potentiel réel mais encore en progression.

La province de Larache, et plus précisément la commune de Rissana Chamalia, illustre particulièrement ce potentiel. La variété Puno y a atteint un rendement de 25,9 qx/ha, contre 14 qx/ha sur les parcelles témoins. Cette performance représente un gain de 11,9 qx/ha, soit une amélioration de rentabilité de 86 % correspondant à 35 000 dirhams supplémentaires par hectare, calculés sur la base d’un prix moyen du quinoa de 30 dirhams le kilo. Ces résultats confirment l’excellente adaptation du quinoa à certaines zones du nord du Maroc.

Le dispositif Al Moutmir ne se limite pas aux démonstrations. Un accompagnement de proximité est déployé : analyses de sol, sélection de variétés adaptées aux contextes locaux, fertilisation fondée sur des analyses précises, diffusion de bonnes pratiques de récolte et gestion intégrée des cultures. Cet appui se prolonge par un renforcement des capacités à travers des formations théoriques, des écoles aux champs, des capsules pédagogiques comme « Min ila al fallah », des programmes radio tels que « Daqiqat Al Outmir » ou « Ma3a Al Fallah » et des contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Des sessions post‑récolte et des communautés de pratique complètent ce dispositif.

La réussite du projet repose aussi sur une démarche partenariale impliquant le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, ainsi que des institutions scientifiques de premier plan : l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, l’École Nationale d’Agriculture de Meknès, l’Institut National de la Recherche Agronomique et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).

Depuis 2018, l’équipe de recherche de l’UM6P a conduit des travaux approfondis sur plus de 300 accessions de quinoa pour identifier les types les plus performants et développer des variétés résistantes à la sécheresse, à la salinité et aux températures élevées. Cette recherche a permis d’optimiser les itinéraires techniques et d’améliorer les teneurs en protéines, zinc et fer, démontrant une approche intégrée de l’amélioration variétale.

En parallèle, la structuration de la filière est engagée : production de semences de qualité, appui aux coopératives, mise en relation directe avec les acheteurs, fixation de standards de traçabilité et développement de produits dérivés comme le couscous et le pain sans gluten à base de quinoa.

Les résultats enregistrés à Larache constituent ainsi une vitrine de l’agriculture résiliente que le Maroc entend développer. Fort de cette expérience, Al Moutmir envisage d’étendre la démarche à d’autres cultures stratégiques comme le sorgho ou le mil, dans l’objectif d’une agriculture durable et génératrice de valeur pour l’ensemble des territoires.

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