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Protection du pouvoir d’achat : Silence, on rapièce !

by Perspectives Med
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Protection du pouvoir d’achat : Silence, on rapièce !

Samir Belfkih, porte-parole du gouvernement, a confirmé cette mesure lors du point de presse qui a suivi la réunion du Conseil de gouvernement, jeudi 5 novembre. Il a expliqué que, pour certains produits, les marges des intermédiaires entre le producteur et le détaillant peuvent atteindre 70 % du coût, ce qui renchérit le prix payé par les consommateurs tout en ne laissant aux producteurs que des gains limités. Il a indiqué que le gouvernement dispose déjà du cadre juridique nécessaire à la création de ces sociétés, et qu’il annoncera ultérieurement leurs attributions ainsi que les modalités de leur intervention dans les circuits de distribution.

Selon le responsable gouvernemental, cette mesure s’inscrit dans un ensemble plus large d’actions destinées à améliorer les revenus des ménages et à corriger les déséquilibres qui pèsent sur les prix des produits alimentaires, en particulier les légumes et les fruits. Parallèlement à la réorganisation de la distribution, le gouvernement entend renforcer le contrôle de l’accès des opérateurs de transport aux subventions exceptionnelles, après certaines hausses des prix du transport de voyageurs et de marchandises malgré le versement des aides. Il a souligné que lorsque les professionnels du transport bénéficient de subventions, celles-ci doivent se traduire par une stabilité des tarifs, l’objectif de cette aide étant d’éviter que la hausse des prix du carburant ne soit répercutée sur les citoyens. Il a ajouté que si un transporteur profite de la subvention tout en augmentant les prix de ses services, la mesure perd son effet recherché, insistant sur la nécessité de mettre rapidement en place des mécanismes pour encadrer la situation.

Dans le même contexte, Abdessamad Kayyouh, ministre du Transport et de la Logistique, a annoncé qu’une enveloppe de 400 MDH avait été allouée au soutien d’environ 200 000 véhicules durant la première moitié de ce mois de novembre, précisant que les subventions seraient désormais versées tous les 15 jours au lieu d’une fois par mois, afin de suivre l’évolution des prix du carburant. L’aide accordée tous les quinze jours s’élève à 5 600 dirhams pour les autocars interurbains, 4 960 dirhams pour les bus de transport public, 1 760 dirhams pour les grands taxis et 1 280 dirhams pour les petits taxis. Pour les véhicules de transport de marchandises, le soutien varie entre 2 080 et 4 080 dirhams, selon la catégorie et la capacité de charge. Le responsable a expliqué que ces montants sont supérieurs de 60 % aux premiers versements approuvés par le gouvernement lors du lancement du dispositif de soutien en mars 2022, dans le but d’assurer l’approvisionnement du marché et de limiter l’impact des coûts de transport sur les prix des marchandises.

S’agissant des compagnies de carburants, S. Belfkih a indiqué qu’une orientation visait à soumettre les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 100 MDH à un taux d’imposition de 40 %, à l’instar d’autres secteurs, notamment les banques et les télécommunications. Il a toutefois écarté l’idée de plafonner les prix des hydrocarbures ou les marges bénéficiaires des entreprises, estimant qu’une telle option pourrait entraîner le retour au système de compensation, pour un coût évalué à environ 70 milliards de dirhams, contre les 62 milliards de dirhams prévus pour protéger le pouvoir d’achat dans le cadre du projet de loi de finances 2027. Un raisonnement des plus hasardeux !

Il a également exclu, à ce stade, une baisse des taxes sur les carburants, en raison de son impact sur les recettes de l’État et sur le financement des dépenses publiques. Il a précisé que le gouvernement mise sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration des recettes fiscales et la rationalisation des dépenses pour financer ses engagements sociaux. En somme, les Marocains sont appelés à mariner dans leur jus.

En attendant, la morosité atteint des acteurs non négligeables de la chaine énergétique. La hausse des prix des carburants met face-à-face les propriétaires de stations-service et consommateurs. Les professionnels jugent particulièrement préjudiciable une telle situation, la hausse des prix des carburants ne se traduit pas nécessairement par une augmentation des bénéfices des stations. Elle peut, au contraire, accentuer leurs difficultés financières et commerciales. Ces professionnels précisent que leurs bénéfices sont calculés sur la base d’une marge fixe, exprimée en centimes par litre, et non en fonction d’un pourcentage du prix de vente. Dans cette configuration, soulignent-ils, l’augmentation des prix ne génère aucun gain supplémentaire pour les stations. Elle réduit plutôt le pouvoir d’achat des consommateurs et entraîne une contraction de la consommation globale, avec, à la clé, une diminution directe de leurs recettes.

Regroupés au sein de leur Fédération, ils font savoir qu’ils rencontrent désormais des difficultés croissantes en matière de trésorerie et de mobilisation des capitaux. La progression continue des prix se répercute en effet sur le coût d’acquisition des stocks de carburant, qu’il s’agisse des approvisionnements par camions-citernes ou des volumes destinés au stockage. Les sommes nécessaires à ces opérations auraient ainsi été multipliées par deux, voire par trois, par rapport aux périodes précédentes. Cette évolution contraint les exploitants à mobiliser des ressources financières supplémentaires, voire à recourir à l’emprunt, afin de maintenir leurs niveaux habituels de stocks. La Fédération estime que les exploitants des stations et les consommateurs sont les deux parties les plus affectées par les hausses successives des prix, les pratiques monopolistiques et le manque de transparence dans les chaînes d’approvisionnement. L’instance insiste sur le fait que la station-service n’est que le dernier maillon de la chaîne de distribution, chargé d’appliquer des prix qui lui sont imposés, sans disposer d’aucun pouvoir pour les fixer ou les réviser.

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