Des images vidéo diffusées en ligne par Syria Now ont montré une épaisse fumée s’élever de l’intérieur de l’aéroport. Selon Syria Now, les explosions ont continué pendant une heure et demie. Le correspondant du site a relayé les témoignages d’habitants de la région selon lesquels les explosions pourraient avoir été provoquées par la détonation de restes de guerre à l’aéroport, qui a déjà connu des explosions similaires à plusieurs reprises.
L’aéroport militaire de Taftanaz était le deuxième plus grand aéroport d’hélicoptères de Syrie du temps de Bachar al-Assad. Pendant la guerre en Syrie, il a été contrôlé par les factions hostiles au régime, puis s’est transformé en un point d’observation turc après l’accord de désescalade de mars 2020 entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président russe Vladimir Poutine.
Au cours du mois de septembre, le nord-ouest de la Syrie a été le théâtre d’une série d’explosions, dont la plus récente a eu lieu sur un site militaire près de la ville d’Al-Eis, dans la campagne sud d’Alep. Le 9 septembre, une explosion s’est produite dans un dépôt temporaire d’armes et de restes de guerre à Sarmada, dans la campagne d’Idleb, faisant 14 morts parmi les membres du ministère de la Défense et plusieurs blessés. À Binnish, cinq personnes ont été tuées au début du même mois par l’explosion d’un véhicule chargé de munitions.
Il y a quelques jours de cela, une explosion due à un « sabotage » sur un gazoduc dans l’est de la Syrie a provoqué l’interruption de l’alimentation en gaz vers des centrales électriques, a indiqué mardi l’agence officielle Sana. Selon l’agence, « un incendie s’est déclaré lundi soir dans un gazoduc entre la région d’al-Shoula et Deir Ezzor en raison de l’explosion d’une valve de sectionnement due à un sabotage ».
« L’incendie a interrompu l’acheminement du gaz de l’usine d’Al-Jabsah vers les centrales électriques », a ajouté l’agence en citant un responsable de la Syrian Petroleum Company.
L’incident intervient alors que des Syriens étaient descendus dans la rue mi-septembre pour protester contre la hausse des prix des carburants, due à la guerre régionale avec l’Iran, selon les autorités.
La production de pétrole, de gaz et d’électricité de la Syrie a été grandement affectée par la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024. Avant la guerre, la Syrie produisait quotidiennement 30 millions de mètres cubes de gaz pour la production d’électricité, contre seulement 8,5 millions aujourd’hui. L’estimation des besoins actuels du pays est comprise entre 22 et 25 millions de mètres cubes de gaz par jour, selon Mohammad al-Bachir, ministre de l’Energie. La Syrie avait signé en juin un contrat avec le géant américain de l’énergie ConocoPhillips pour développer son secteur gazier, au moment où le pays cherche à attirer les investisseurs afin de moderniser ses infrastructures après la guerre.

