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Hydrocarbures : Les constats contrastés du Conseil de la concurrence

by Perspectives Med
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Hydrocarbures : Les constats contrastés du Conseil de la concurrence

L’analyse du fonctionnement des marchés nationaux au titre de l’exercice 2025 met en évidence le rôle central du secteur énergétique dans les équilibres macroéconomiques et sociaux du Royaume. Les données publiées par le Conseil de la concurrence font ressortir une situation marquée par des interactions complexes entre les cours mondiaux des matières premières, les ajustements des finances publiques et le comportement des indices de prix.

Dans un environnement international caractérisé par une décrue progressive mais modérée des prix de l’énergie, le marché marocain des produits pétroliers et gaziers enregistre une progression constante de ses volumes d’approvisionnement extérieur pour répondre à la demande intérieure. Parallèlement, l’application des mécanismes de soutien public et les variations de l’indice des prix à la consommation traduisent des évolutions différenciées entre les carburants routiers et le gaz butane. Face à ces enjeux qui touchent directement le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des facteurs de production, le Conseil de la concurrence maintient une attention particulière sur les conditions d’exercice de la libre concurrence au sein de ce secteur.

Hausse soutenue des volumes importés

Les données issues de la base de données du commerce extérieur de l’Office des Changes, reprises dans le rapport du Conseil de la concurrence, indiquent que le Maroc a accru ses importations de produits énergétiques en 2025. Le volume global des importations de produits énergétiques a atteint 36 577 224 tonnes en 2025, contre 33 874 430 tonnes en 2024, marquant une progression de 8 %.

Au sein de cet ensemble, les importations de gas-oils et fuel-oils ont totalisé 8 090 194 tonnes en 2025, en hausse de 5,6 % par rapport aux 7 664 258 tonnes enregistrées en 2024. Pour leur part, les quantités importées de gaz de pétrole et autres hydrocarbures se sont établies à 13 349 656 tonnes en 2025, contre 12 895 971 tonnes l’année précédente, soit une augmentation de 3,5 %.

Cette progression des volumes s’inscrit dans un contexte international où le prix moyen du baril de pétrole brut Brent est estimé à environ 69 dollars en 2025, contre 80,7 dollars en 2024. L’indice des prix de l’énergie de la Banque mondiale a ainsi enregistré un repli de l’ordre de 11 % sur la même période.

Valse des prix à la consommation

L’analyse de l’indice des prix à la consommation (IPC) établie par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et documentée par le Conseil de la concurrence montre des évolutions opposées selon les catégories de produits énergétiques au cours de l’année 2025.

La classe des carburants et lubrifiants pour véhicules de tourisme figure parmi les postes ayant contribué à la baisse des prix dans la composante non alimentaire. Cette catégorie a enregistré un repli de 9,7 % sur l’ensemble de l’année.

À l’inverse, la classe du gaz a connu une hausse de 8 % de son indice de prix en 2025. Cette évolution s’inscrit parmi les hausses supérieures à 5 % observées sur un nombre limité de produits du panier de consommation.

Le rapport du Conseil  retrace les mesures engagées par les pouvoirs publics pour encadrer les prix des produits de grande consommation et atténuer l’impact des fluctuations conjoncturelles. Entre 2022 et le milieu de l’année 2025, le gouvernement a mobilisé un montant total de 107,4 milliards de dirhams afin de stabiliser les prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale, tout en apportant un soutien au secteur du transport. Au titre de l’année 2025, les charges globales de compensation se sont établies à 17,7 milliards de dirhams, ce qui représente une diminution de 7,6 milliards de dirhams par rapport à l’exercice 2024. Le rapport précise que la décompensation du gaz butane a été suspendue en 2025. Sous l’effet de la baisse des cours sur les marchés internationaux, la subvention moyenne accordée par l’État pour une bonbonne de gaz butane de 12 kilogrammes s’est établie à 53,47 dirhams en 2025, marquant un recul d’environ 14 % par rapport à l’année précédente.

Régulation et surveillance

Dans le cadre de ses missions de régulation des marchés et de protection des intérêts des consommateurs, le Conseil de la concurrence classe le marché des hydrocarbures parmi les secteurs faisant l’objet d’un suivi ciblé.

Le rapport souligne que l’action de l’institution s’est concentrée de manière prioritaire sur les marchés dits sensibles, caractérisés par un impact direct et significatif sur le pouvoir d’achat des ménages. Au même titre que les produits alimentaires et les médicaments, le marché des hydrocarbures fait ainsi l’objet d’une vigilance particulière quant au respect des règles de la libre concurrence et à la prévention des pratiques anticoncurrentielles.

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