La prudence reste de mise chez les ménages marocains. Au troisième trimestre de 2026, leur indice de confiance s’est établi à 59,2 points, contre 60,1 points au trimestre précédent. Il demeure toutefois supérieur à son niveau de la même période de 2025, lorsqu’il s’élevait à 53,6 points, selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages publiés par le HCP.
Cette amélioration sur un an ne suffit pas à dissiper les inquiétudes. Au cours des douze derniers mois, 76,3 % des ménages interrogés ont estimé que leur niveau de vie s’était dégradé. Seuls 18,5 % l’ont jugé stable et 5,2 % ont constaté une amélioration. Les anticipations pour les douze prochains mois restent tout aussi préoccupantes : 51,7 % des ménages redoutent une nouvelle dégradation de leur niveau de vie, tandis que 39,6 % prévoient une stabilisation. Seuls 8,7 % s’attendent à une amélioration.
Peau de chagrin
Les tensions sur les budgets familiaux se reflètent également dans la situation financière des ménages. Selon le HCP, 39 % d’entre eux ont dû puiser dans leurs économies ou recourir à l’emprunt pour couvrir leurs dépenses. Si 58,2 % déclarent disposer de revenus suffisants pour faire face à leurs charges, seuls 2,8 % parviennent à épargner une partie de leurs ressources.
Les perspectives sont encore plus défavorables en matière d’épargne. Pas moins de 92,5 % des ménages estiment qu’ils ne seront pas en mesure de mettre de l’argent de côté au cours des douze prochains mois. À l’inverse, 7,5 % seulement envisagent de pouvoir épargner.
Le solde de l’indice relatif à la capacité d’épargne s’est ainsi établi à −85 points au troisième trimestre de 2026, contre −80,9 points au trimestre précédent et −80,8 points un an auparavant.
Coût inquiétant et chômage
La hausse du coût des produits alimentaires constitue une autre source majeure de préoccupation. Au total, 95,9 % des ménages affirment que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois, tandis que 0,4 % seulement constatent une baisse.
Les anticipations ne laissent guère entrevoir d’accalmie. Pour les douze prochains mois, 77,9 % des ménages prévoient une nouvelle hausse des prix alimentaires. Quelque 21,1 % tablent sur leur stabilisation, tandis que moins de 1 % anticipent une diminution.
Ces perceptions pèsent sur les perspectives économiques des familles, alors que leurs marges de manœuvre financières apparaissent déjà limitées.
Sur le front de l’emploi, les anticipations des ménages demeurent négatives. Selon l’enquête du HCP, 61,3 % d’entre eux s’attendent à une augmentation du nombre de chômeurs au cours des douze prochains mois, contre 17,3 % qui prévoient une diminution.
Le solde de cet indicateur ressort à −44 points, après −38,8 points au trimestre précédent. Cette évolution traduit une dégradation des anticipations sur une base trimestrielle, même si celles-ci restent mieux orientées qu’au troisième trimestre de 2025.
La conjoncture est également jugée peu favorable aux dépenses importantes. Pour 63,8 % des ménages, les conditions économiques ne se prêtent pas à l’achat de biens durables. À l’inverse, 14,5 % estiment que le contexte permet d’envisager de tels achats.
Au-delà de la progression de l’indice de confiance sur un an, les résultats de l’enquête dessinent ainsi le tableau de ménages confrontés à des contraintes persistantes sur leur pouvoir d’achat et leurs finances. La faiblesse des perspectives d’épargne, les anticipations de hausse des prix alimentaires et les craintes liées au chômage continuent de peser sur leur appréciation de la conjoncture.

