C’est la fin d’un feuilleton sans suspense pour la direction de l’OTAN. Sauf surprise, c’est M. Rutte, actuel Premier ministre néerlandais, qui va assurer la succession de Jens Stoltenberg, dont le mandat de secrétaire général s’achève le 1er octobre.

Son unique adversaire à la succession de l’ex-Premier ministre norvégien était le président roumain Klaus Iohannis. Âgé de 65 ans, le chef d’État a informé ce 20 juin les pays de l’Alliance qu’il renonçait à sa candidature. Soutenu par Viktor Orban, Premier ministre hongrois, K. Iohannis avait vu Budapest se rallier le 18 juin à M. Rutte.

Fervent soutien de Kiev, M. Rutte a notamment figuré en première ligne, aux côtés de son homologue britannique Rishi Sunak, dans la création d’une « coalition internationale » visant à fournir aux forces ukrainiennes des avions de combat F-16. Des appareils de facture américaine, dont La Haye a promis à Kiev 24 des 42 exemplaires dont les Pays-Bas disposent.

En attendant, de lourds soupçons pèsent sur les prétentions otaniques à vouloir en découdre, militairement, avec la Russie. Des responsables européens prédisent ce sombre scenario dans les trois mois à venir. L’affaire est donc grave. En attendant, la Chine a fustigé mercredi les propos du secrétaire général de l’OTAN qui avait appelé la veille à faire payer à la Chine le prix de son soutien supposé à la Russie en Ukraine.  « L’OTAN devrait repenser ses actions face à la crise ukrainienne », a fustigé Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse, qualifiant l’Alliance atlantique de « produit de la Guerre froide et plus grand groupe militaire du monde ».

La diplomatie chinoise a ainsi vertement répondu aux commentaires de J. Stoltenberg. Selon celui-ci, le président chinois Xi Jinping s’efforce « de donner l’impression qu’il se tient en retrait dans ce conflit, afin d’éviter les sanctions et de maintenir les flux commerciaux […] mais la réalité est que la Chine alimente le plus grand conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale et qu’en même temps, elle veut maintenir de bonnes relations avec l’Occident ». Le secrétaire de l’Alliance a plaidé pour des mesures qui viseraient la Chine : « À un moment donné, et à moins que la Chine ne change de cap, les alliés doivent imposer un coût. Il devrait y avoir des conséquences. »

« Nous exhortons [Stoltenberg] à cesser de rejeter la faute sur autrui et de semer la discorde, et à ne pas jeter de l’huile sur le feu », a déclaré L. Jian. Le porte-parole chinois a ensuite suggéré à J. Stoltenberg de « faire quelque chose de concret pour le règlement politique de la crise ».

Revendiquant la neutralité face au conflit ukrainien, la Chine a resserré ses liens avec Moscou depuis 2022. En février 2023, Pékin a publié une proposition de règlement du conflit en 12 points, impliquant le respect de la souveraineté, l’ouverture de négociations de paix et la levée des sanctions unilatérales. Pékin appelle à prendre en compte les préoccupations de sécurité de Moscou, ayant refusé de surcroît de participer au sommet dit « pour la paix » organisé les 15 et 16 juin en Suisse, en raison de l’exclusion de la Russie. Il s’agit de la deuxième déclaration hostile à la Chine en 48 heures.

Dans une interview accordée au Daily Telegraph le 16 juin, J. Stoltenberg a indiqué que l’OTAN étudiait la possibilité d’un déploiement d’armes nucléaires pour faire face à la dissuasion chinoise et russe.

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