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B. Netanyahu prive le Maroc de son Sahara : Le divorce entre Rabat et Tel-Aviv devrait suivre…

Une fois de plus, Benyamin Netanyahu a brandi, lors d’une interview jeudi 30 mai, cette fois-ci sur les chaînes de télévision françaises TF1 et LCI, une carte du monde arabe et de l'Iran amputant le Sahara occidental du territoire marocain. Cette troisième manifestation du flagrant désintérêt affiché par le chef du gouvernement sioniste pour la cause nationale est-il de nature à servir de prétexte pour que Rabat rompt définitivement ses relations avec Tel-Aviv, comme l’exigent les Marocains ?
B. Netanyahu prive le Maroc de son Sahara : Le divorce entre Rabat et Tel-Aviv devrait suivre…

Faut-il croire en les boniments de l’entité sioniste qui, pour sa propre survie, s’est détournée des accords d’Oslo ? La question mérite d’être soulevée à l’heure où les Marocains, en majorité rétifs au rapprochement avec les Israéliens,  se remémorent de la  lettre adressée par le boucher B. Netanyahu au roi Mohammed VI en juillet 2023, annonçant la reconnaissance par Israël de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Dans le corps de la lettre, le boucher de Gaza avait promis de refléter cette position dans tous les travaux et documents d’Israël aux Nations Unies, dans les organisations régionales et internationales, et avec tous ses partenaires diplomatiques. Et, cerise sur le gâteau, exprimé son intérêt pour l’ouverture d’un consulat à Dakhla !

Que de boniments ! En brandissant la carte qui sépare le Maroc de son Sahara, B. Netanyahu ne fait que confirmer ce qui se disait tout bas : le deal est biaisé. Et il ne faut pas imputer cette sortie médiatique du criminel de guerre aux critiques exprimées par le Royaume envers Israël dans divers forums internationaux et régionaux depuis le 7 octobre dernier.

Certes, le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié, vendredi 31 mai, d’« erreur involontaire » et « technique » la représentation d’une carte du monde arabe et de l’Iran, avec le Maroc sans son Sahara, tout en rappelant que Tel-Aviv reconnaissait la souveraineté marocaine sur les provinces du sud, depuis un peu plus d’un an dans le cadre de la normalisation de décembre 2020. Mais qui oserait le croire ?

Hassan Kaabia, porte-parole arabe du ministère israélien des Affaires étrangères, s’est confondu en excuses sur X tout en exprimant le souhait de transmettre un message au roi Mohammed VI, affirmant qu’il voudrait clarifier la situation sur ce qu’il a qualifié d’erreur. Il a réaffirmé qu’Israël maintenait sa reconnaissance antérieure du Sahara comme partie légitime et intégrante du territoire marocain. Le cabinet du Premier ministre israélien lui a emboîté le pas. En déplorant, sur les réseaux sociaux, une « erreur », affirmant par ailleurs que « toutes les cartes officielles (…) y compris celle montrée dans l’interview, ont été corrigées en conséquence ».

A Pékin, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, s’est félicité de la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par l’Espagne, la Norvège et l’Irlande. Ajoutant qu’il s’agit-là d’une « étape importante » vers une solution à deux États et une paix durable au Moyen-Orient, a déclaré. Lors de la conférence ministérielle du Forum de coopération sino-arabe, le diplomate marocain a appelé à un cessez-le-feu « immédiat, complet et durable » dans la bande de Gaza. Ce que l’establishment sioniste rejette en multipliant ses crimes dans l’enclave palestinienne, mais aussi en Cisjordanie. Le responsable marocains a également appelé à faciliter l’entrée de l’aide humanitaire « en quantités suffisantes » pour répondre aux besoins de la population de Gaza, et a condamné le « déplacement forcé » des Palestiniens. Devrait-on s’attendre à plus  de la diplomatie marocaine, comme l’espèrent les Marocains ?

Diffusée le 30 mai sur LCI, l’interview de B. Netanyahu qui a mis en émoi une partie de l’opinion française qui défend la justesse de la cause palestinienne, a renseigné sur les objectifs de l’État hébreu à Gaza. « Vaincre le Hamas, s’assurer qu’il y ait une démilitarisation et une déradicalisation, et construire la paix », a martelé le leader sioniste. Il a notamment réaffirmé son refus catégorique de la reconnaissance d’un État palestinien. « Notre victoire, c’est la victoire d’Israël contre l’antisémitisme, c’est la victoire de la civilisation judéo-chrétienne contre la barbarie. C’est la victoire de la France », a-t-il affirmé. Le chef du Likoud a même comparé l’opération de Gaza au débarquement des troupes alliées en Normandie en 1944, dont les commémorations du 80e anniversaire sont prévues sur les plages normandes la semaine prochaine.

Répondant à une question de Darius Rochebin sur une potentielle reconnaissance de l’État palestinien, en référence à la récente décision de trois pays européens (Norvège, Espagne et Irlande), le Premier ministre israélien a fait part de son refus catégorique. « Un État palestinien [reconnu] serait un État terroriste, un État fantoche de l’Iran », a-t-il justifié. Avant d’ajouter : « Si vous leur donnez un État maintenant, ce sera la plus belle récompense pour les terroristes. » Selon lui, une telle action « encouragerait » les actes terroristes dans le monde. « Si l’on considérait l’existence d’un État palestinien dans la banlieue parisienne, avec des milliers de terroristes voulant détruire Paris et tuer des Français, vous ne diriez pas cela », a ajouté le Premier ministre israélien sur l’hypothèse d’une reconnaissance par Paris.

S’agissant du nombre de personnes tuées à Gaza, qui aurait dépassé les 40.000, B. Netanyahou a insisté sur le fait que chaque mort de civil était « une tragédie ». « Mais pour le Hamas, c’est une stratégie. Ils utilisent sciemment les civils comme des boucliers humains », a-t-il ajouté, précisant que l’armée israélienne faisait tout son possible pour évacuer les civils des zones de bombardements. Selon les estimations de l’Unicef, un enfant est blessé ou tué toutes les dix minutes dans la bande de Gaza. « Les femmes et les enfants représentent 70% des victimes », a ajouté le Fonds des Nations unies pour l’enfance. Au sujet du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale demandé à son encontre par le procureur Karim Khan le 21 mai dernier, B. Netanyahou a estimé qu’« il était absolument faux » d’accuser Israël d’affamer les civils. « Nous avons tout fait pour livrer de la nourriture », a-t-il déclaré. « C’est comme si l’on mettait de Gaulle et Winston Churchill face au commandement allemand, [comme si on] les traitait de la même manière lors du procès de Nuremberg », a-t-il insisté. Et d’ajouter : « C’est comme mettre Al-Qaïda et le président américain dans le même procès, bien sûr c’est de la folie. »

Une interview qui ne passe pas pour LFI. « La doctrine du choc des civilisations dont il fait la propagande est un appel au génocide », a lancé Jean-Luc Mélenchon, tout en martelant que le Premier ministre israélien « devrait être devant un tribunal plutôt qu’à la télé française ». Il a notamment critiqué la chaîne pour avoir donné la parole à B. Netanyahou. David Guiraud, député de La France insoumise, a quant à lui critiqué directement la chaîne en déclarant : « TF1 dans la boue du génocide. La France est salie. » Même son de cloche du côté de sa collègue Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée nationale. « Un criminel contre l’humanité comme Netanyahou n’a pas à répondre à un journaliste mais à la Cour pénale internationale », a-t-elle déploré.

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