Benyamin Netanyahu et Israël Katz, son ministre de la Défense, ont ordonné à l’armée de mener « une deuxième vague de frappes contre des dizaines de cibles terroristes du Hezbollah au Liban », a annoncé samedi le bureau du ministre de la Défense. Ces frappes interviennent « en réponse aux tirs de roquettes vers Israël et dans le prolongement de la première vague de frappes menée ce samedi matin » qui avaient visé le sud du Liban, a ajouté le ministère de la Défense. La presse libanaise a rapporté que les bombardements avaient visé plusieurs régions au nord et au sud du Litani, les hauteurs du caza de Jezzine, Kfar Melki dans le caza de Saïda, la région de Nabatiyé et plusieurs zones de la bande frontalière avec le Liban.
I. Katz a tenu le gouvernement libanais responsable des tirs de roquettes depuis son territoire, tous interceptés dans la matinée. Après le tir de ces roquettes, le ministre israélien de la Défense a également déclaré que « Metula et Beyrouth seront traités de la même manière ». Même discours du côté du chef d’état-major israélien Eyal Zamir, qui a affirmé que « l’État libanais est responsable du maintien de l’accord de cessez-le-feu ».
Cette première violation du cessez-le-feu du côté libanais a donc provoqué une profonde inquiétude dans le pays et suscité une vague de condamnations de la part des plus hauts dirigeants. Une fois de plus, le Hezbollah a pointé du doigt par une partie de la classe politique, a « démenti toute implication dans le lancement de roquettes depuis le sud du Liban vers les territoires palestiniens occupés ». Il a estimé que « les allégations de l’ennemi israélien s’inscrivent dans le cadre des prétextes pour poursuivre ses attaques contre le Liban, qui n’ont pas cessé depuis l’annonce du cessez-le-feu ».
B. Netanyahu a aussitôt ordonné à l’armée de frapper des « cibles terroristes » au Liban. L’armée israélienne a ensuite annoncé avoir frappé « des dizaines de lanceurs de roquettes et un centre de commandement d’où opéraient des terroristes du Hezbollah » dans le sud du Liban. Plus de 20 raids ont été menés contre le sud du Liban jusqu’à Tyr, où un quartier résidentiel a été visé, sans oublier la Bekaa. Deux civils, dont une femme, sont tombés en martyre et trois autres ont été blessés suite à une agression israélienne visant le centre de la localité de Touline au sud du Liban. Selon l’agence nationale d’information libanaise ANI, citant le ministère de la Santé, deux personnes dont une enfant ont été tuées et huit blessées dans l’une des frappes « de l’ennemi » dans la localité de Touline. Les bombardements d’artillerie israéliens ont également visé le quartier d’Al-Ain dans la localité de Yohmor al-Shaqif, les faubourgs d’Arnoun, Kfar Tibnit et les environs de Markaba, Khiyam et Houla. En outre, l’armée d’occupation a mené des tirs de ratissage à grande échelle depuis la colline de Hamames, où elle ne s’est pas encore retirée, contre les environs des localités de Houla, Markaba et Kfar Kila. D’autres frappes israéliennes ont visé les hauteurs de Rihane dans le casa de Jezzine et Iklim el-Touffah dans le casa de Nabatiyeh, ainsi que les localités Al-Jebayn et Deir Mimas.. Les sirènes d’alerte aérienne ont aussi retenti dans les bases de la FINUL à Deir Siryan et Adshit al-Qusayr.
Malgré les violations quotidiennes de la trêve par les Israéliens, les autorités libanaises refusent tout retour à l’option militaire et ont choisi la diplomatie comme seule voie pour régler les problèmes avec Israël.
Le correspondant d’Al-Manar dans la Bekaa a rapporté « qu’une frappe aérienne israélienne a visé les environs de la ville de Shamstar, à l’ouest du district de Baalbek, dans l’est du Liban. L’occupation a visé les hauteurs entourant la ville libanaise de Nabi Sheet, dans la chaîne orientale. Dans le sud du Liban, les forces d’occupation ont mené quatre raids israéliens violents, ciblant les environs de la ville de Jbaa dans la région d’Iqlim al-Tuffah.
En réaction, Joseph Aoun, président libanais, a condamné les « tentatives de faire retomber le Liban dans la spirale de la violence ». Il a estimé, dans un communiqué ; que ce qui s’est passé aujourd’hui dans le sud, et les violations qui y sont observées depuis le 18 février, date limite pour l’application des conditions de la trêve, sont une « attaque persistante contre le Liban et un coup porté à son projet de sauvetage sur lequel les Libanais se sont mis d’accord à l’unanimité ». Il a également demandé à toutes les forces concernées au Sud-Liban, en particulier au comité de suivi de l’accord de novembre 2024, et à l’armée de suivre ce qui se passe avec « le plus grand sérieux afin d’éviter toute répercussion et de mettre un terme toute violation qui pourrait menacer le pays dans ces circonstances délicates ». Et demandé au commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, de prendre les mesures nécessaires sur le terrain pour préserver la sécurité des citoyens et d’enquêter sur les circonstances des tirs.
Pour sa part, Nawaf Salam, Premier ministre libanais, a mis en garde contre de nouvelles opérations militaires à la frontière sud, car elles risquent d’entraîner le pays dans une nouvelle guerre, qui apporterait des malheurs au Liban et aux Libanais. Il a appelé le ministre de la Défense nationale, le général Michel Menassa, soulignant « la nécessité de prendre toutes les mesures sécuritaires et militaires nécessaires », affirmant que « l’État seul a le pouvoir de décider de la guerre et de la paix ».
N. Salam a également contacté Jeanine Hennis-Plasschaert, Représentante du Secrétaire général de l’ONU au Liban, appelant les Nations Unies à « redoubler la pression internationale sur Israël pour qu’il se retire complètement des territoires libanais occupés, étant donné que cette occupation constitue une violation de la résolution 1701 de l’ONU et des clauses de la cessation des hostilités approuvés par le gouvernement précédent en novembre dernier ».