A Deir Al-Balah (Centre), six personnes ont été tuées et six autres blessées dans la nuit par une frappe de missile sur la maison d’une famille dans le camp de Maghazi, selon une source médicale. Dans la ville de Gaza, deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées toujours lors d’une frappe de missile israélien sur une habitation, selon une source hospitalière. Osama Al-Kahlout, responsable du Croissant-Rouge palestinien a fait état de la présence de « tireurs d’élite positionnés sur plusieurs bâtiments (…) à l’est de Deir Al-Balah » et ajouté que « plusieurs blessés avaient été évacués hors de la zone à cause des coups de feu ». L’armée a frappé à l’artillerie les camps de Maghazi et d’Al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, de même que la ville d’Al-Qarara, près de Khan Younès, et la ville de Rafah, selon des sources locales. L’armée israélienne a annoncé que ses troupes « poursuivaient leurs activités opérationnelles dans les régions de l’est d’Al-Bureij et de l’est de Deir Al-Balah », dans le centre du territoire. L’armée a « éliminé des dizaines de terroristes, identifié des tunnels et détruit des infrastructures terroristes dans la région », ainsi qu’à Rafah où des caches d’armes ont été découvertes, a-t-elle ajouté.

Au rythme de la résistance

Sur le terrain, les bombardements menés par l’aviation, l’artillerie et la marine militaire israélienne se poursuivent sur l’ensemble de la bande de Gaza, a appris l’AFP de témoins et de sources locales. L’autorité palestinienne a fait état de 8 massacres ayant fait 77 martyrs et 221 blessés durant les dernières 24 heures. Le Hamas a d’ailleurs dénoncé le décès du maire de Nouseirat dans une frappe qui a fait aussi 4 morts, dont son fils. Il s’agit du troisième responsable de l’administration locale à être liquidé par l’armée d’occupation depuis le 7 octobre. « Ces liquidations visent à installer l’enclave dans le chaos », indique-t-on. Aux alentours de la Mosquée Al-Shamaa, à Hay Zeitoun, on déplore 11 morts au moins dans un raid israélien.

En face, la résistance palestinienne use par ses opérations de guérilla l’armée sioniste. Des combats acharnés étaient signalés vendredi dans la ville de Rafah. Les Brigades al-Qassam, branche militaire du Hamas, et les Brigades d’Al-Qods, dépendant du Jihad Islamique, n’hésitent pas à engager les soldats israéliens en multipliant les pilonnages sur les concentrations de troupes et en détruisant les chars et véhicules engagés par l’armée d’occupation. Le couloir de Netzarim, là où se concentrent les contingents israéliens qui cherchent à s’incruster dans le centre de l’enclave, est constamment ciblé par des frappes de mortiers lourds et des missiles de courte portée. La veille, jeudi, Al-Qassam a annoncé avoir « tué 5 soldats israéliens » en faisant «exploser l’ouverture d’un tunnel qui avait été précédemment piégé contre une force d’infanterie israélienne», près de Tal Zu’rob, à l’ouest de la ville de Rafah. Dans le centre de l’enclave, deux chars Merkava et deux bulldozers D9 avec des obus al-Yassin 105, à l’est de la ville de Deir al-Balah, outre le bombardement des forces d’invasion à l’est du camp de Bureij. Parallèlement, l’armée d’occupation israélienne a annoncé, le jeudi 6 juin, la mort d’un soldat lors d’une bataille dans le sud de la bande de Gaza.

Les Brigades Al-Qassam ont précisé dans un communiqué que leurs membres avaient mené « une opération de commandos au cours de laquelle ils ont pu s’infiltrer dans la clôture (de séparation) temporaire et attaquer le quartier général de la division ennemie opérant dans la ville de Rafah ». Commentant l’opération, les médias israéliens ont rapporté que malgré les efforts déployés par l’armée israélienne, un groupe armé a pu contourner les défenses et s’introduire dans des zones stratégiques d’Israël, huit mois après le début de la guerre. Les autorités israéliennes ont confirmé la confrontation entre soldats israéliens et combattants palestiniens, sans toutefois fournir de détails ; elles insistent sur le fait que ces derniers n’ont pu franchir la barrière de sécurité à Rafah.

D’après la version des faits de l’armée israélienne, les forces armées ont vu des combattants palestiniens armés s’approcher de la frontière alors qu’elle effectuait des opérations de surveillance le long de la barrière de sécurité avec la bande de Gaza. Les combattants palestiniens ont ensuite franchi la barrière de sécurité dans la région de Rafah où ils ont affronté les soldats israéliens. En outre, l’armée israélienne a déclaré que trois combattants palestiniens étaient impliqués dans cette opération, précisant qu’une enquête était en cours pour élucider les circonstances de cette attaque inouïe. L’armée d’occupation a diffusé une vidéo montrant l’infiltration des membres d’Al-Qassam.

L’armée d’occupation a reconnu jeudi que 24 soldats ont été blessés au cours des dernières 24 heures, dont 16 lors des combats dans la bande de Gaza. Les communiqués et vidéos diffusés par la résistance à Gaza confirment que ses morts et ses blessés sont bien plus importants que ceux annoncés.

Selon les données annoncées par l’armée d’occupation israélienne, le nombre de soldats et d’officiers tués depuis le début de la guerre contre Gaza a atteint 646 soldats, dont 294 lors de combats terrestres depuis le 27 octobre dernier.

Soutien US permanent

En dépit des boucheries quotidiennes, le président américain persiste dans le déni pour couvrir Israël. Joe Biden a estimé jeudi que Benyamin Nétanyahou avait « écouté » les Etats-Unis au sujet de l’offensive à Rafah. « Je pense qu’il m’écoute. Ils allaient entrer dans Rafah de plein fouet, envahir tout Rafah, entrer dans la ville, la prendre, utiliser toute la force nécessaire. Ils ne l’ont pas fait », a détaillé J. Biden dans une interview à ABC News. Le président américain, qui a présenté le 31 mai les grandes lignes d’un plan par étapes en vue d’un cessez-le-feu complet entre l’armée israélienne et le Hamas dans la bande de Gaza, incluant une libération progressive des otages retenus à Gaza, a assuré que le premier ministre israélien s’était « dit publiquement favorable » à cet accord. « Il nous faut obtenir un cessez-le-feu », a-t-il réitéré.

Dans la matinée de vendredi, Israël a fait savoir son rejet du projet de résolution américain au Conseil de sécurité concernant la proposition de trêve à Gaza. En dépit de cela, le Congrès US lance de son côté une bouée de sauvetage au premier ministre israélien. B. Netanyahu prononcera un discours devant le Congrès américain à Washington le 24 juillet, ont fait savoir les chefs parlementaires républicains et démocrates qui avaient adressé une invitation à la fin de mai au dirigeant israélien. Seul Bernie Sanders a jugé bon d’annoncer le boycott du discours de B. Netanyahu qu’il assimile à un « criminel de guerre ». A rappeler que la NAACP, influente organisation de défense des droits civiques, a demandé à J. Biden d’interrompre « indéfiniment » toutes les livraisons d’armes à Israël. Plus, sur CBS News, Harrison Mann, officier juif américain qui a servi 13 années dans l’armée puis a travaillé pour les renseignements militaires accuse Israël de commettre dans la bande de Gaza « un nettoyage ethnique ». On comprend dès lors pourquoi, d’après NBC News, l’élan de solidarité qui agite les campus américain est loin de s’estomper en dépit des vacances scolaires.

A rappeler aussi qu’Itmar Ben Gvir, ministre ultra de la sécurité,  a encore ânonné que la solution au « problème de Gaza » est de coloniser toutes les terres et de déplacer la population. Voilà qui témoigne de la barbarie sioniste. Laquelle ne se limite guère à la seule enclave, mais secoue aussi la Cisjordanie occupée. Trois martyrs ont été déclarés à Jénine alors que les forces d’occupation se retirent de la ville sous les balles des résistants. Le bouillonnement dans cette partie de la Palestine occupée ne se limite guère à cette seule ville. Ce qui renforce les appréhensions de l’armée sioniste devenues frileuse face aux dangers que représentent les IED de fabrication locale qui explosent chars et blindés. Cela explique les raisons pour lesquelles le département d’État américain a annoncé des sanctions à l’encontre du groupe de résistance palestinien « Fosse aux Lions » en Cisjordanie occupée.

De ce qui a été dit, nul besoin de faire un dessin pour conclure que la résistance palestinienne est confrontée non pas à la seule entité sioniste, mais aussi à son puissant protecteur américain.

Paris tangue !

En France, il y a lieu de signaler que les organisations Action sécurité éthique républicaines (ASER), Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Stop Fuelling War (SFW) et l’Association France Palestine solidarité (AFPS) se sont pourvues en cassation devant le Conseil d’Etat, a annoncé vendredi, via un communiqué, l’ACAT. Leur recours fait suite au refus du tribunal administratif de Paris, le 6 mai, de suspendre en référé des exportations d’armes françaises vers Israël. Un rejet « d’autant plus surprenant qu’il a été décidé sans audience, plus de trois semaines après le dépôt du référé », estime le communiqué, dans lequel les ONG « exhortent la France à cesser immédiatement la vente d’armes à Israël, alors que le nombre de victimes augmente chaque jour dans la bande de Gaza ».

A rappeler qu’Emmanuel Macron a déclaré jeudi qu’il n’y avait « pas de tabou » quant à la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien, avant de temporiser à propos de cette éventuelle décision. « On ne reconnaît pas un Etat sur la base d’une indignation. On essaie de le faire dans un processus, et donc il n’y a pas de tabou. L’heure viendra, et la France le fera. Mais il faut le faire dans un processus », a-t-il estimé. Autant dire que « l’heure n’est pas venue de reconnaître l’Etat de Palestine »…

Paris démontre de la sorte son parti-pris en faveur de l’entité sioniste alors que des mouvements propalestiniens avaient essaimé un peu partout dans les enceintes universitaires avant d’être durement réprimés. A l’assemblée nationale, on a vu des députés brandir par deux fois le drapeau palestinien pour signifier au système qu’il y a une autre voie à suivre que celle empruntée pour l’heure par l’hôte de l’Elysée. Celui-là même qui n’hésite pas à envoyer nombre d’émissaires au Liban pour dissuader le Hezbollah de continuer à soutenir la lutte pour la survie du peuple palestinien à Gaza.

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