Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre mauritanien des Affaires étrangères, était absent de cette réunion bien qu’il soit à Nouakchott où il a reçu le même jour un ministre de la Guinée-Bissau.

Après ses étapes au Maroc et en Mauritanie, S. de Mistura est attendu dans les camps de Tindouf. La direction du Polisario se prépare à cette visite depuis plus de deux semaines. Le bureau permanent du secrétariat général du Front a multiplié les réunions pour planifier la venue de l’émissaire onusien.

Le 14 avril, S. de Mistura est appelé à brieffer les membres du Conseil de sécurité des derniers développements politiques concernant le Sahara occidental, depuis l’adoption de la résolution 2756 le 31 octobre. L’ONU n’a pas encore communiqué officiellement sur la tournée régionale de S. de Mistura qui a démarré par le Maroc.

Il y a lieu de signaler que la MINURSO a décidé de ne pas renouveler les contrats de ses employés. Le quartier général de la mission onusienne, basé à Laâyoune, a informé les contractuels marocains de cette mesure. Cette décision s’accompagne également d’une suspension du recrutement de nouveaux agents étrangers, conformément à une directive émanant du siège de l’ONU à New York.

Les médias du Polisario s’inquiètent de cette décision, la percevant comme un premier pas vers la fin du « règlement politique de la question du Sahara occidental, au profit d’une gestion du conflit sans résolution. Ce qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle escalade », a fait savoir mercredi un média sahraoui.

Cette décision est même qualifiée d’« inédite ». En effet, la MINURSO a toujours bénéficié d’un traitement particulier par rapport aux autres missions de maintien de la paix des Nations unies. Son budget n’a pas été réduit malgré la crise financière qui frappe l’organisation depuis plusieurs années, en partie à cause des contributions non versées par certains États membres. Ainsi, en 2024, l’ONU a alloué 75,35 millions de dollars à sa mission au Sahara occidental, en hausse de 9,1 % par rapport à l’année fiscale précédente.

En mars dernier, un think tank américain proche des républicains avait appelé président des États-Unis à cesser de financer la MINURSO. « Trump et l’ONU pourraient économiser des milliards en mettant fin à ces opérations », a affirmé le centre de recherche. « Après 34 ans, la MINURSO n’a même pas réalisé un recensement complet. Elle avance des excuses, certaines valables, d’autres non, mais le temps passe », avait critiqué le think tank.

La MINURSO n’a en effet pas réussi à recenser la population des camps de Tindouf, et encore moins à organiser un référendum au Sahara occidental. Une option qui, d’ailleurs, est écartée par l’ONU depuis 2001. La mission onusienne n’a pas non plus réussi à faire respecter le cessez-le-feu, conclu avec les parties en septembre 1991, et que le Polisario viole depuis le 13 novembre 2020.

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