« Le risque de voir cette guerre affecter le sud du Liban et se propager encore est plus important chaque jour qui passe », a dit J. Borrell aux journalistes avant d’assister à une rencontre des ministres des Affaires étrangères au Luxembourg. « Nous sommes au bord de l’élargissement du conflit ».

Des avions de chasse israéliens assuraient avoir bombardé, en début de semaine, des installations de l’unité de défense aérienne du Hezbollah à Baalbek, dans le nord-est du Liban, a annoncé l’armée. Depuis le début de la guerre, Tsahal a bombardé à plusieurs reprises Baalbek, bastion du Hezbollah situé à une centaine de kilomètres de la frontière. L’armée israélienne a par ailleurs revendiqué le bombardement de sites du Hezbollah à Blida et Maroun al-Ras, dans le sud du Liban.

Plus tôt, l’armée israélienne a revendiqué la neutralisation en vol d’un drone présumé, entré dans l’espace aérien israélien depuis le Liban. Elle a diffusé les images de l’interception. L’incident a donné lieu à des alertes dans la communauté de Kela, sur le plateau du Golan.

Le Hezbollah n’a pas chômé lundi. Au moins trois opérations ont ciblé l’armée sioniste à Samaqa, Margaliout et Al-Manara. Des sources concordantes rapportent que la résistance libanaise a décrété l’état d’alerte générale au sein de ses combattants qui font face à l’armée israélienne sur un front de 120 kilomètres. Trois groupes de combat territoriaux composés de milliers d’hommes sont chargés de défendre la zone frontalière avec l’entité israélienne. Il s’agit de l’unité Nasr, dont le chef Taleb Abdallah est tombé en martyr le 12 juin, et des unités Aziz et Badr. Ces trois groupes sont appuyés par l’unité d’élite al-Radwan, qui déploie dans le sud du Liban plus de 2500 combattants expérimentés.

Le Hezbollah a la capacité d’envoyer en renfort des dizaines de milliers d’hommes, aguerris et entraînés sur le champ de bataille syrien. En plus de ces effectifs, le Hezbollah dispose d’un vaste arsenal composé d’au moins 150 000 roquettes et missiles, dont des centaines de projectiles de longue portée et de haute précision, dotés de système de guidage.

Le Hezbollah dispose aussi de missiles sol-mer de fabrication chinoise et iranienne et d’un système de défense anti-aérien avec lequel il a déjà abattu au moins cinq drones israéliens, dont le Hermès 900, fleuron de l’industrie sioniste, ainsi que des milliers de missiles guidés antichars. Malgré cette mobilisation, le Hezbollah n’a pas encore procédé à l’évacuation des bâtiments qui abritent ses institutions médiatiques, sociales et administratives, à Beyrouth et ailleurs.

Le Yediot Aharonot s’est interrogé, mardi, sur les capacités de dissuasion israélienne. « L’armée israélienne stationnée à Gaza depuis huit mois constitue-t-elle aujourd’hui une force décisive et fiable, capable d’écarter la menace du Hezbollah et du Hamas dans une guerre courte et décisive ? L’armée israélienne elle-même y croit-elle ? », s’est demandé le média israélien. Avigdor Lieberman avait signalé aussi que l’armée israélienne a besoin d’une force humaine après avoir perdu une brigade entière de soldats tombés au combat ou grièvement blessés. D’où le recours aux Haredim. Les médias israéliens signalent que la Cour suprême a statué qu’il n’y avait aucune exemption de la conscription pour les juifs religieux.

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