Après plus de 40 jours de combats à Rafah, l’armée israélienne affirme avoir éliminé « la moitié des forces du Hamas présentes dans ce secteur du sud de la bande de Gaza ». Mais un porte-parole de l’armée a exprimé un doute, quant à l’éradication totale du groupe armé palestinien. Il a été immédiatement recadré par le gouvernement israélien.

Un officier et un soldat israélien ont été tués et 3 autres blessés lors d’une opération complexe montée par la résistance palestinienne près du camp Al-Shaboura, a signalé vendredi l’armée israélienne. Un missile SAM-18 a été tiré par les Brigades Al-Qods sur un hélicoptère qui a tenté de porter secours aux soldats israéliens tombés jeudi dans un champ de mines. Pourtant, durant cette journée, au moins quatre chars israéliens Merkava avaient été détruits par la résistance palestinienne, outre le ciblage de 2 véhicules de transport de troupe blindés Eitan. A Tel Al-Soltane, un convoi militaire mécanisé a été ciblé, vendredi, par les Brigades Al-Qassam. Pour l’heure, aucun bilan n’a été communiqué par l’armée sioniste. Pas d’informations non plus sur le ciblage des colonies de l’enveloppe de Gaza par des roquettes, ni sur les dégâts occasionnés par le drone kamikaze lancé par les Brigades Al-Qods sur une position militaire israélienne hors de l’enclave palestinienne. D’ailleurs, les Forces du martyr Al-Kacem ont ciblé Ashkelon par une salve de missiles.

Au-delà des destructions israéliennes dans cette partie de l’enclave palestinienne, la partie centre n’échappe toujours pas aux raids et pilonnages de l’artillerie israélienne. La ville de Gaza et les camps de Nousseirat et Hay Zeitoun sont toujours ciblés par l’armée sioniste qui fait face à une résistance farouche. La municipalité de Gaza a déploré le martyr de 5 de ses employés tués par l’armée israélienne, alors que pas moins de 15 martyrs ont été réceptionnés par les services sanitaires de Gaza auxquels s’ajoutent aux 11 autres victimes d’un bombardement israélien contre des citoyens et des commerçants qui attendaient des convois humanitaires à l’est de Rafah. Et les chiffres devraient augmenter au regard des agressions militaires disproportionnées de l’armée israélienne.

En Cisjordanie occupée, la tension ne faiblit pas, non plus. Ainsi, les combattants du bataillon de Jénine et des groupes de Jaba’a assurent avoir ciblé avec un engin explosif puissant la colonie de Homesh en riposte aux « crimes de l’occupation et en soutien à notre peuple à Gaza ».  Sous le feu des résistants, les forces d’occupation ont été obligés de se retirer du camp d’Al-Far’a.

Le linkage qui s’opère désormais entre la lutte palestinienne dans la bande de Gaza et en Cisjordanie a tendance à se renforcer. Ce qui met à rude épreuve l’entité sioniste qui tente par tous les moyens d’endiguer tout risque d’embrasement généralisé. Mais il faut croire que rien ne peut s’opposer à une telle dynamique de résistance.

La résilience dont fait preuve le peuple palestinien, martyrisé par la barbarie sioniste, marque les esprits dans les pays européens. Le ministère arménien des Affaires étrangères a annoncé vendredi la reconnaissance de l’État de Palestine dans le but d’avancer vers la paix au Proche-Orient, insistant sur la « situation critique à Gaza ». « Réaffirmant son allégeance au droit international et aux principes d’égalité, de souveraineté et de coexistence pacifique des peuples, la République d’Arménie reconnaît l’État de Palestine », a indiqué le ministère dans un communiqué, soulignant que « Erevan désire sincèrement l’avènement d’une paix durable » dans la région.  A la suite de cette annonce, le ministère des Affaires étrangères israélien a convoqué l’ambassadeur d’Arménie en Israël a en vue d’une « réprimande sévère » selon un communiqué officiel. Avec l’Arménie, ce sont pas moins de 148 pays à reconnaitre l’Etat de Palestine.

Le Croissant rouge palestinien a tiré la sonnette d’alarme sur le risque de famine qui guette pas moins de 500.000 Palestiniens dans la partie nord de l’enclave palestinienne. Ce SOS a été lancé alors que depuis Washington, on tente de marketer les bienfaits de la jetée montée par l’US Army pour 230 millions de dollars.  Plus de 4 100 tonnes d’aide ont été acheminées jusque-là via cette jetée loin de « l’augmentation massive » de livraisons promise le président américain. Washington a installé cette jetée face aux sévères restrictions imposées par Israël à l’acheminement terrestre de l’aide vers le territoire palestinien, ravagé par huit mois de guerre, alors que la logique voudrait que les passages terrestres soient pleinement opérationnels. « La jetée à Gaza, malheureusement, ne représente rien de plus qu’une diversion extrêmement onéreuse de ce qui est véritablement nécessaire, mais aussi légalement requis », rappelle Michelle Strucke, directrice des affaires humanitaires au cercle de réflexion CSIS de Washington. C’est-à-dire, « l’accès humanitaire sécurisé et sans entrave pour les organisations humanitaires afin qu’elles fournissent de l’aide à une population de Gaza qui subit des niveaux historiques de privation », affirme-t-elle. Les Américains ainsi que d’autres pays ont largué des cargaisons d’aide par les airs également, mais celles-ci, conjointes avec les livraisons par la jetée, « n’ont jamais eu pour but de se substituer à un accès d’ampleur et durable via les points de passage terrestres », estime M. Strucke. Pour elle, en se concentrant sur cette jetée et ces largages aériens, les États-Unis « ont fait perdre du temps et de l’énergie pour les décisionnaires, et plus de 200 millions de dollars des contribuables américains ».

Remise en opération le 7 juin, elle avait été de nouveau transportée à Ashdod le 14 juin à cause de la houle. Les livraisons d’aide ont finalement repris dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé le Pentagone. Mais cela ne représente qu’une goutte dans un océan… Raphael Cohen, politologue pour l’organisme américain de recherche RAND, estime que « le projet de jetée n’a pas encore produit les résultats escomptés par l’administration Biden. Au-delà des problèmes météo, elle s’est avérée assez onéreuse et n’a pas résolu les défis opérationnels d’acheminer de l’aide dans Gaza », explique-t-il. Malgré ces problèmes, la jetée fournit un autre point de passage pour les livraisons d’aide et permet son acheminement même quand les points de passage terrestres sont fermés, estime-t-il.

Joe Biden avait annoncé en mars 2024 l’établissement de cette jetée par des troupes américaines travaillant au large de Gaza. La construction s’est achevée début mai, mais les conditions météo ont fait qu’elle n’a été mise en service qu’au 17 mai. Une semaine plus tard, la houle avait provoqué le désamarrage de quatre vaisseaux américains participant à l’opération. La jetée avait ensuite été endommagée trois jours plus tard par d’exécrables conditions météo et avait dû être transportée dans le port israélien d’Ashdod pour être réparée.

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