Le rapport indique que 4,3 % de la population marocaine, soit environ 1,6 million de personnes, sont touchés par la pauvreté numérique. Ce phénomène est défini en fonction de l’incapacité des individus à se permettre un forfait Internet mensuel incluant 1 Go à une vitesse de téléchargement de 10 Mbps, si ce coût dépasse 10 % de leurs dépenses quotidiennes totales.
En ce qui concerne le coût de l’Internet, le Maroc se classe 82e au niveau mondial, avec un coût moyen de 4,4 USD par mois. Cependant, l’indice Big Byte, qui compare le coût de l’Internet entre les pays, indique que le prix de l’Internet au Maroc équivaut à 15,2 par rapport à l’indice de référence des États-Unis fixé à 100, ce qui le rend relativement moins cher.
Malgré une baisse globale de 14 % du taux de pauvreté numérique depuis l’année dernière, le rapport met en lumière des disparités importantes entre les régions. En Asie, le nombre de personnes touchées a presque diminué de moitié, passant de 252 millions en 2023 à 166 millions en 2024, grâce à des améliorations notables en Inde et en Indonésie. À l’inverse, en Afrique subsaharienne, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté numérique a augmenté, passant de 523 millions en 2023 à 545 millions en 2024, reflétant des défis économiques et structurels profonds.
Le rapport souligne que les pays ayant les taux de pauvreté numérique les plus élevés incluent le Tchad, la République démocratique du Congo et le Mozambique, où plus de 80 % de la population est touchée. Par exemple, au Tchad, le taux est passé de 85 % en 2023 à 96,3 % en 2024.
En Amérique latine, la situation est contrastée. Le Brésil a connu une augmentation de 22 millions de personnes en situation de pauvreté numérique en raison de la hausse des coûts et des défis économiques, tandis que le Mexique a réussi à réduire ce chiffre de 8 millions.
Le rapport préconise l’adoption de stratégies multidimensionnelles pour lutter contre la pauvreté numérique, notamment : stimuler la croissance économique pour augmenter les revenus, réduire les coûts d’accès à Internet en régulant le marché et en augmentant la concurrence, investir dans les infrastructures pour élargir la couverture et améliorer les vitesses, et renforcer les compétences numériques pour un usage efficace d’Internet. Il souligne également l’importance de la coordination entre les gouvernements, le secteur privé et les organisations internationales pour atteindre ces objectifs.