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Humeur : Lutte contre l’informel :

La politique du dromadaire en marche…

A l’heure du désert politique et de l’entrée en scène des gestionnaires, on a du mal à rester insensible au déroulé du discours officiel. Postillons mis à part, dans la bouche de Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Economie et des finances, c’est la chasse à l’économie informelle qui retient le plus l’attention. Surtout que l’on s’est habitué aux promesses sans lendemain lancées par ses prédécesseurs. Ira-t-on jusqu’au bout, sous le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch, ou assiste-t-on, une fois de plus aux vapeurs soporifiques d’une usine à gaz ? That’s a question, diront les anglicisants… Car au fil des législatures, que n’a-t-on pas vu de ministres se relayer, qui du haut de son burnous politique, qui des échancrures d’un costume trois pièces de technocrate indécrottable, se répandre en promesses, les unes plus grosses que les autres, sur la fin proche de l’économie parallèle. Mais des années plus tard, on a droit au même filme. C’est à croire que l’on manque, du côté de l’Exécutif, d’imagination. Surtout que la prestation télévisée de la grande argentière du pays a été diffusée sans la mention fort éloquente qui assure que l’on est devant une œuvre de fiction, les événements, comme les personnages n’ont rien à voir avec la réalité.

Que la ministre se rassure, on n’a rien contre elle. Bien au contraire, on aurait aimé qu’elle soit plus crédible dans ses affirmations. Mais tel n’est malheureusement pas le cas. Ni pour elle, ni pour l’équipe gouvernementale à laquelle elle appartient. Car une lutte crédible contre l’économie dite « clandestine » exige de l’Exécutif une autre démarche que celle qui rappelle le dromadaire chaloupant. Un adage du cru rappelle que parmi les camélidés, on ne voit que la bosse des autres. Alors que, à titre d’exemple, l’Etat persiste à violer la loi à laquelle il doit se soumettre en continuant à employer des agents sans statut. Pis, les émoluments qui sont réservés à cette catégorie de personnel sont encore loin d’atteindre le SMIG officiel. De quelle « promotion nationale », sociale, comme économique, pourrait-on parler lorsque l’Etat ne se prive de verser dans les irrégularités tout en cherchant à mettre la laisse à un pan de l’économie nationale qui, dans le noir, peut faire des fortunes, occasionnellement. Mais qui assure à la majorité ce que l’on peut appeler « filet social », lui aussi « informel », en l’absence d’une couverture étatique qui se respecte déployée au service des contribuables.

Il y a quelque chose de vraiment pourri dans ce qui est donné à voir au citoyen… Revenu depuis longtemps quant à la sincérité des politiques qui, comme dans toute course-relai, se passent les bâtons-témoins. De là à meubler les cénacles de langue de bois, il n’y a qu’un pas que nombre de décideurs ont allègrement franchi. A la vitesse du con, statut dans lequel ont s’évertue à maintenir le « petit peuple ». Dramatique. 

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